Art, musique & littérature

Etrange Diane Arbus

19 décembre 2011

Diane Arbus c’est un peu l’exposition dont tout le monde parle en cette fin d’année. Intriguée j’ai voulu m’y rendre au mois de novembre : une file interminable, 3h d’attente ! J’ai donc attendu décembre pour filer au Jeu de Paume… Impressions.

Premières impressions

Lilliputiens, trisomiques, travestis, nudistes, prostitués, géants, drogués, hermaphrodites, albinos, forains… Diane Arbus photographie l’étrange et nous catapulte dans sa cour des miracles !

Amis lilliputiens russes dans un salon de la 100e Rue, New York 1963

« J’ai beaucoup photographié les phénomènes de foire. Il y a une qualité légendaire chez les monstres. Comme un personnage de conte de fées qui vous arrête pour vous demander la réponse à une énigme. La plupart des gens vivent dans la crainte d’être soumis à une expérience traumatisante. Les monstres sont déjà nés avec leur propre traumatisme. Ils ont déjà passé leur expérience de vie. Ce sont des aristocrates. »

Ce qui m’a d’abord séduit c’est cette approche étonnante : la recherche de l’anomalie. Habitués à voir de belles choses, de belles femmes, à l’heure de Photoshop le contre pied surprend. Le travail photographique n’est pas ici d’embellir mais de montrer ce qui est, comme c’est. La confrontation avec la réalité, une réalité sans artifice à laquelle on essaie d’échapper.

« Je n’ai jamais pris la photo que j’avais l’intention de prendre. Elles sont toujours meilleures ou pires. »

Enfant avec une grenade en plastique dans Central Park, New York 1962

Diane Arbus livre des photographies, des portraits vraiment intenses. On ne regarde pas le cliché en se disant « C’est beau ! » mais c’est parce qu’il y a quelque chose qui capte l’attention, un on ne sait quoi qui dérange, qui arrête, qui suscite l’intérêt…

« Rien n’est jamais comme on dit que ce serait. Ce que je reconnais, c’est ce que je n’ai jamais vu avant. »

Actrice de burlesque dans sa loge, Atlantic City, New Jersey 1963

Jeu de Paume, le choc

New-yorkaise née en 1923, mariée à 18 ans, suicidée en 1971. Diane a commencer la photographie en 1940. A travers son travail photographique, elle cherche et montre une vérité qui dérange loin des standards.

« Je crois vraiment qu’il y a des choses que personne ne verrait si je ne les photographiais pas. »

Couple d’adolescents à Hudson Street, New York 1963

Un succès attendu pour la première rétrospective en France de l’artiste, le Jeu de Paume expose plus de 200 clichés ! J’ai beaucoup aimé la diversité des situations. On passe de portraits ne laissant place qu’au sujet avec toutes ses imperfections, à des intérieurs remplis de babioles et autres détails si nombreux qu’on ne sait plus où regarder… Entre peur et fascination.

« Ce que j’aime surtout, c’est aller où je n’ai jamais été avant. »

C’est très sombre. Inquiétant. Presque violent.

Un enfant en pleurs, New Jersey 1967

Et c’est vraiment ce qui me reste de cette exposition. Je pourrais passer des heures à regarder certains clichés chez moi, pour autant j’ai vraiment vécu l’exposition comme un moment de souffrance. En conditions : il y a du monde, les photographies sont perturbantes et d’une violence rare pour certaines, les salles n’en finissent plus… Je me souviens surtout de la salle dédiée aux personnes trisomiques qui arrive aux trois quarts de l’exposition. Je l’ai parcourue en vitesse… Arrive un moment où les photographies, enchainées, deviennent difficilement soutenables et où j’ai ressenti le besoin de me raccrocher à quelque chose d’apaisant… Et tout ce que mes yeux captaient n’était que plus perturbant encore ! Je suis ressortie boule au ventre, gorge serrée et vraiment surprise. Surprise du pouvoir de la photographie…

« La chose importante à savoir c’est qu’on ne sait jamais rien. On tâtonne toujours pour trouver son chemin. »

Sans titre (1) 1970 – 1971

Infos pratiques

Jeu de Paume
1 place de la Concorde
75008 Paris
Métro : Concorde

Horaires (amplitude horaire plus grande à partir de Janvier !)
Mardi (nocturne) : 12h à 21h
Mercredi à vendredi : 12h à 19h
Samedi et dimanche : 10h à 19h
Fermeture le lundi, y compris les jours fériés.

Conseils : L’exposition est bien fréquentée et assez conséquente ! Prévoir au moins 1h30 pour faire toutes les salles. Ames sensibles s’abstenir ! Plus d’infos à propos de l’exposition sur le site du Jeu de Paume

Plus de bonheur : découvrez l’avis d’Adrien, du blog La Team, avec qui je suis allée à l’expo. Il vous donne 3 raisons d’y aller et 3 de ne pas y aller : à vous de décider 🙂

Vous pourriez aussi aimer

4 Commentaires

  • Répondre Formally Informal is BACK ! « Formally Informal 31 août 2012 à 10 h 46 min

    […] * LES SORTIES * Etrange Diane Arbus […]

  • Répondre auroreinparis 22 octobre 2012 à 16 h 09 min

    J’aurais bien aimé la faire, mais j’ai laissé passer mon tour. Cependant après avoir lu ce billet, je ne suis pas sure que j’aurais vraiment pu soutenir tous ces clichés …

    • Répondre formallyinformal 22 juillet 2013 à 19 h 09 min

      J’en laisse passer pleins comme ça aussi… Je ne sais pas si finalement tu as eu l’occasion de regarder le livre de l’expo, c’est pas pareil « qu’en vrai » bien sur mais toujours sympa comme session de rattrapage 🙂

  • Répondre Manuel Àlvarez Bravo au Jeu de Paume « Formally Informal 27 novembre 2012 à 16 h 45 min

    […] de bonheur : Diane Arbus au Jeu de Paume, une exposition qui m’a profondément […]

  • Laisser une réponse