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Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi… Une phrase sur laquelle on peut se pencher pendant des heures. Des mots qui invitent à la rêverie en se façonnant un arbre des possibles. Et puis, un livre.

Attention O.V.N.I

Ce livre m’a pris par la main et ne m’a plus lâché une seconde, du début à la fin. Une histoire dans laquelle on rentre et dont on ne ressort plus avant d’avoir lu le dernier mot. C’est simple, je l’emportais partout avec moi pour m’y plonger aussi souvent que possible, que ce soit 5 minutes dans le métro ou 1 heure avant de m’endormir…

C’est avant tout le titre qui m’a plu. Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi. Tout ce que cela veut dire, peut dire, mais aussi tout ce qu’il (on ?) ne dira jamais. En lisant la quatrième de couverture, j’ai trouvé l’histoire tout à fait étrange et inattendue. En découvrant la biographie de l’auteur, j’ai été touchée.

Albert Espinosa, notre auteur espagnol, passe l’essentiel de sa jeunesse à l’hôpital. Atteint d’un cancer, dès 13 ans, il perd une jambe, un poumon et une partie du foie. Et puis, l’écriture. Il connait d’abord le succès en tant que scénariste et acteur, et signe ici son premier roman, un best-seller en Espagne… Un livre plein d’émotions, de courage, de douleur aussi.

Ici et ailleurs

"Une fable sur la perte, la douleur et l’amour, empreinte d’une tendresse mélancolique. Jusqu’où serions-nous prêts à aller pour retrouver un être qui nous été cher ?"

Une histoire qui commence par la perte d’un être cher, sans qui rien ne peut plus être comme avant. Une histoire qui se déroule dans un temps où les gens peuvent, en s’injectant un produit, décider de ne plus dormir (et de renoncer à leurs rêves…), où on suit un homme qui possède le don de voir les souvenirs des gens rien qu’en les regardant dans les yeux, et où on rencontre cet homme différent, cet extraterrestre qu’ils appellent "l’étranger".

Ma mère m’avait dit un jour : "être différent, ça dépend juste de combien vous êtes dans ton camp."

Albert Espinosa signe ici une histoire onirique, d’une totale originalité. Une histoire qu’on classerait, sur lecture du résumé, dans la case "Fantastique" ou "Science fiction", mais ce serait une erreur ! A vrai dire, je ne trouve pas de case appropriée. Ah cette envie de tout étiqueter… Disons-le, ce livre est tout simplement inclassable !

Mettre un point final, disait-elle, ça facilite la vie. Les points de suspension, en revanche, ça rend intelligent.

Et puis, la lecture de ce livre m’a donné le sentiment étrange d’avoir non pas lu un livre mais vu une série : une histoire, dont on veut connaître la suite, découpée en plusieurs épisodes qui nous laissent en suspens…

On se sait jamais ce que l’on va trouver derrière une porte. C’est peut-être ça la vie : pousser des portes.

Bref, c’est bien mené et les derniers chapitres se lisent d’une traite tant on est embarqué dans l’histoire… Je l’ai reçu jeudi après-midi, j’ai lu la dernière page dimanche soir : je vous le conseille, ça se lit tout seul, un vrai bonheur !

Le temps, dans les rêves, est un mystère, il est tellement relatif… Mais je crois que ces décalages ont du bon. Parfois, on découvre un faux raccord et on continue à dormir, tout simplement parce qu’on n’a aucune envie de se réveiller. Ce qui prouve bien que des tas de gens préfèrent dormir au lieu de vivre, même s’ils savent pertinemment que la réalité dont ils sont en train de faire l’expérience est fausse.

Et si tout ça n’était qu’un rêve… ?

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi, Albert Espinosa

Prix : 14e25 sur Amazon
Broché: 256 pages
Editeur : Grasset (11 avril 2012)
Collection : Littérature Etrangère

Merci aux éditions Grasset de m’avoir envoyé ce merveilleux ouvrage qui ne m’a pas quitter pendant plusieurs jours !

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L’amour dans la vie des gens

Un livre. Une envie. Parlez-moi d’amour…

Toi plus moi (moins toi)

J’écris : "Mon amour, vous m’avez fait passer une année merveilleuse. Quand je vous ai rencontré, j’étais quelqu’un qui se protégeait. Bien malin qui aurait pu m’approcher, sauf quand vraiment j’avais à me prouver que j’étais une femme. Vous, vous m’avez bouleversée. Pour moi, toute cette histoire est de l’amour d’un bout à l’autre. Vos beaux yeux quand nous avons dansé ensemble. L’intrépidité que vous tenez enfouie en vous. Votre affolement au moindre contact. Votre tendresse dont je vois bien qu’elle est assoiffée. Votre solitude. A cause de tout ça, j’ai eu la foi du charbonnier. Je chérissais vos peurs parce que ça venait de vous, c’était plus profondément vous que tous les comportements de surface. Et là, je ne peux plus. Je réalise qu’il y a sûrement de belles choses dans votre vie pour que vous ayez des scrupules à la déstabiliser. Et qu’est-ce que j’en sais, moi, de l’amour dans la vie des gens ? De ce qu’aimer représente pour vous, et aussi comme danger. Mais vous êtes trop loin. Je me sens décalée. Si vous êtes là, il faut me le dire. Maintenant." Ça l’émeut, il m’invite à diner. Mais le soir, il a eu le temps de redevenir quelqu’un qui ne peut pas se permettre de recevoir une telle lettre, et à peine assis il me dit : "Il faut qu’on dîne vite parce que, après, moi, j’ai autre chose."

Admettre que, certaines personnes, l’amour qu’on leur porte les émeut. Mais que c’est peut-être leur maximum.

Les premières lignes du livre de Sophie Fontanel. Je les lis et j’ai l’impression qu’elles parlent de moi, qu’elles parlent de lui, que j’aurai pu les écrire. Je suis touchée.

1 + 1 + 1 + …

L’amour dans la vie des gens, ce sont des histoires qui se recoupent mais des histoires distinctes, des histoires vraies à côté d’histoires rêvées, des histoires d’amour surtout (ou de non amour, je ne sais plus très bien). L’amour entier, sincère, porté par l’auteure, face aux situations amoureuses, absurdes, dont se contentent les gens dans leurs propres histoires…

Je vis ce livre et je suis partagée entre espoir et désillusion, entre idéal et réalité.

Mon Dieu, comment sortir du cynisme qu’ils appellent leur lucidité ?

Relations

Vraie surprise sur la mise en page, la rédaction du livre. Je vois ce livre comme une liste. Des anecdotes, des pensées, des discours, rassemblés comme un patchwork. Pas de longs paragraphes. Des espaces entre chaque idée. Pas de chapitre non plus.

Je suis une artiste.

Matisse, à trente-six ans, termine sa période d’apprentissage. Je n’ai pas tant de retard que ça.

Parfois, toutes ces phrases m’étourdissent, et j’ai envie de crier "STOP !! Laisse moi respirer !" Parfois, je suis prise d’une frénésie sans me rendre compte que je viens d’en lire 10 pages.

Lequel de ces petits cons m’a soutenu l’autre jour que l’amour c’était la dernière jungle de l’homme industriel où, donc, tous les coups étaient permis ?

C’est pourtant rare que j’oublie un con. Autrefois j’en tombais amoureuse.

Entre intimité, spiritualité et sexualité, on passe de phrases tendres, poétiques, à un "mais je t’emmerde !" Des mots qui viennent du cœur, comme on les pense, comme on les vit. Finalement, ce livre pourrait être une conversation, ou plutôt des conversations. Des bribes qu’on attrape au vol, dont on ignore tout mais qu’on interprète avec nos clés.

Cet homme que j’aimais du plus profond de mon coeur, au point d’écrire, tout de même, "Mon amour, vous m’avez fait passer une année merveilleuse…", et qui n’en croyait pas un mot.

En même temps, ça avait été une année atroce, cette année sans recevoir.

Il ne voulait pas que je l’aime : "Ce qu’il y a entre nous, c’est une certaine sensualité." [...]

Parce que, si vous les aimez, ils vont être tentés de progresser. Et ça, ça les emmerde.

Des histoires conduites, tout en douceur, par un fil rouge, l’histoire de l’auteure. Sa vision de l’amour et la réaction des gens qui l’entourent. Ça se lit (vit) tout seul, pas forcément d’une traite, c’est plein d’humour, bien que parfois très noir, et vraiment insolite. J’avais envie d’avaler ce livre, et en même d’en garder pour tenir le plus longtemps possible… Un vrai coup de coeur.

Ma gardienne, le courrier à la main : "Si on n’aimait que les gens qui nous aiment, qui commencerait ?"

J’ai savouré les dernières lignes. Le lendemain, une seule envie, me replonger immédiatement dans Lettera Amorosa de René Char. Enfin ça, c’est une autre histoire…

Va parler de magie dans la maison du terre à terre.

L’amour dans la vie des gens, Sophie Fontanel
Prix : 3e80
Broché: 125 pages
Editeur : Editions 84 (4 février 2005)
Collection : J’ai lu Récit

Plus de bonheur : sur La vraie vie de Fonelle, le blog de l’auteure, également journaliste au magazine Elle !

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