Classé dans Les sorties

MYSTERIC by Eric Antoine

La première fois que j’ai vu Eric Antoine c’était il y a longtemps dans une petite salle, le théâtre Trévise à Paris. Je m’en souviens bien, c’était ma première année de BTS communication en alternance. Je venais déposer des « banderoles » de promo à disposer dans la salle pour ce média dans lequel je travaillais – la pire année que j’ai passée d’ailleurs.

Flashback

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J’entre dans la salle, je suis intimidée. C’était un après-midi et j’avais à peine 19 ans. Eric Antoine répète quelques tours sur scène. Au détour de quelques blagues, il me propose une invitation pour venir voir le spectacle. Il joue toutes les semaines, je viens quand je veux, il me suffit juste de donner mon nom à l’entrée. Je suis intriguée, j’ai toujours été fascinée par les tours de magie. Au point que je pourrais même les regarder pendant des heures, avec les yeux qui brillent, à chercher « le truc ».

Un soir, je me décide. J’y vais. Direction le théâtre. Ce soir là, le seul soir où il est remplacé par un ami. Un breton dont je ne me souviens plus le nom. Pour autant un bon moment. Un très bon moment même mais pas d’Eric Antoine, pas de magie, pas d’émerveillement. (petite moue triste)

Et puis… 5 ANNEES ONT PASSEES. Oui. La jeune fille que j’étais est maintenant devenue une femme et – OK j’abrège. 5 années ont passées avant que je ne le vois enfin, vraiment sur scène, à l’Olympia. Un pur délice !

Pestaculaire !

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Pour ceux qui ne connaissent pas le personnage, Eric Antoine campe à merveille le magicien hystérico-raté qui a pris la grosse tête. Entres des tours aux trucages grossiers et des commentaires désobligeants – désopilants, Eric Antoine se moque avec talent des magiciens, de lui-même… Et du public ! Bref, un mec absolument insupportable… qui nous fait mourir de rire. Dis Eric Antoine, tu m’en veux pas si j’t’emprunte certaines de tes blagues hein… ? OH TU TE CALMES, extrait !

Les dates à l’Olympia Un spectacle vivant avec de vrais tours de prestidigitation, de nombreuses interactions avec le public (pour faire partie des heureux élus qui montent sur scène, installez-vous devant !) et un personnage secondaire hilarant : Bernard Black, habillé en noir et persuadé d’être invisible.

J’ai envie de vous raconter tous ces moments qui m’ont surpris, amusés et fait rire mais comment vous parler davantage du spectacle sans spoiler ? Je ne vois pas mieux que : foncez le voir ! Vous ne le regretterez pas. Il sera aux Folies Bergères les 17 et 18 janvier 2013, parmi ses nombreuses dates dans la france entière. Si vous ne pouvez pas le voir sur scène, je vous ai trouvé un lien streaming pour que vous ayez un aperçu avant d’acheter le DVD du spectacle ;-)

Alors, si vous êtes tombés sous le charme, pour déclarer votre amour pour Eric Antoine, ça se passe sur Facebook et c’est ici.
En revanche si vous préférez soutenir son assistant(e) Bernard Black, GO GO GO !!

Bonne rigolade bande de canailles !

Plus de bonheur : dans la catégorie spectacle mais dans un autre registre : Il Corpo Del Teatro, pour quelques dates encore au théâtre de Ménilmontant.

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Manuel Àlvarez Bravo au Jeu de Paume

Belle découverte photographique au Jeu de Paume avec Parnasse… J’ai eu la chance d’avoir un guide pour m’orienter, alors, si comme moi vous n’êtes pas un expert sur l’artiste, je partage avec vous ses clés pour une meilleure compréhension et appréciation de l’expo. Parcours.

Un itinéraire poétique

Ce n’est ni la première exposition sur l’œuvre de Manuel Àlvarez Bravo (1902 – 2002), ni la plus grande, mais la première, construite sans l’artiste, qui veut donner un regard nouveau, en dépassant les clichés typiquement mexicains et en dévoilant une série d’images et films inédits provenant des archives.

Son œuvre, qui se déploie quand même sur 8 décennies, constitue l’un des piliers de la photographie moderne.

« Manuel Àlvarez Bravo n’est pas un photographe de scènes ni de groupes, mais de formes, d’objets, d’éléments isolés par un cadrage très directif qui les reconstruit selon l’agencement poétique de l’artiste. C’est un photographe de paysages tranquilles et d’individus solitaires, silencieux, presque toujours de dos, parfois endormis. C’est un photographe froid, lent, de solitudes et de quiétudes : un chasseur d’images, un artiste aux aguets. »

Dans sa quête de la photographie « pure », fortement inspiré par l’esthétique de Picasso, Manuel Àlvarez Bravo livre des images abstraites qui suscitent pas mal de questions sur le sujet comme sur la nature même de l’œuvre. Qu’est-ce qu’on voit sur le cliché et quelle est son échelle ? S’agit-il d’un dessin, d’une gravure, d’un collage ?

Une vision moderne du monde

Cadrée très près, un peu de côté, la réalité prend une autre forme, insoupçonnable, et peut être regardée avec un œil neuf. Il découpe le monde et extrait de la réalité avec un véritable « talent pour proposer des cadrages avec un style très personnel ». Une réponse aux provocateurs qui affirment que le photographe n’est pas un vrai créatif.

« Tournée vers une vision moderne, son œuvre est un discours poétique à part entière, autonome et cohérent en soi, construit au fil du temps. »

Il a créé des images qui n’existaient pas avant, avec un regard définitivement moderne pour l’époque. Une nouvelle vision de la photographie qui sort de l’influence « pictorialiste » qui s’inspirait de la peinture, gravure… Pour s’affirmer dans l’angle de ses prises de vue, en jouant avec l’ombre et la lumière comme avec le cadrage.

« Manuel Àlvarez Bravo utilise souvent la méthode qui consiste à placer l’appareil sur son trépied à un endroit où il estime qu’une image intéressante peut survenir, et à attendre patiemment pour l’attraper. »

En plus de l’image, le titre invite à relire le cliché, de manière différente, presque métaphorique, en y plaquant son propre imaginaire. Alors que certains titres enferment dans le tableau (comme Triptyque béton 2) d’autres, poétiques, invitent à la rêverie. Parmi ceux qui m’ont le plus fait voyagé : Le songe, Chagrin noir, Un peu gaie et gracieuse, L’enfant des autres contes, ou encore, Les amoureux de la fausse lune…

« Dans presque toutes les images, le photographe semble s’effacer, y compris dans les nus : l’appareil saisit les images de gestes privés et de rêveries intimes, où le corps s’expose mais sans se livrer entièrement. »

Un visionnaire que j’ai été heureuse de découvrir avec les éclairages d’un guide. Attention cependant aux périodes d’affluence. La majorité des clichés exposés sont en petit format ! Je remercie donc chaleureusement Parnasse de m’avoir permis de visiter cette exposition dans conditions aussi exceptionnelles.

Infos pratiques

Jeu de Paume
1 place de la Concorde
75008 Paris
Métro : Concorde

Horaires
Manuel Àlvarez Bravo. Du 16 octobre 2012 au 20 janvier 2013.
Mardi (nocturne) : 12h à 21h
Mercredi à dimanche : 11h à 19h
Fermeture le lundi, y compris les jours fériés.

Plus de bonheur : Diane Arbus au Jeu de Paume, une exposition qui m’a profondément marquée…

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Comment j’ai passé et foiré les auditions d’entrée aux conservatoires de la ville de Paris en Art Dramatique, en quelques réflexions et autres gifs

En voilà un titre à rallonge (vous vous dites). Et en effet (je vous comprends). Je me décide enfin. J’en parle. Je l’écris même. Je le publie carrément sur L’Internet. Ce moment de latence que j’ai préféré ignorer jusqu’à présent. J’ai passé les concours pour les conservatoires d’art dramatique de Paris ET JE ME SUIS PLANTÉE !

Visuellement, ça ressemblerait même carrément à ça :

Historique

Viens, je t’explique. Avril. J’arrête le planning stratégique en agence pour reprendre ma passion là où je l’ai arrêtée il y a 5 ans. Mai. Je m’informe. Juin. Je m’inscris. Juillet. Aout. Je travaille, j’apprends, je répète, je joue, je corrige, je pleure, je persévère, je n’y arriverai jamais, je m’améliore, je vais y arriver, je vomis mon texte, je ne sais plus pourquoi je fais tout ça, je vais tout déchirer, je. Septembre. J’y suis. Les auditions. Trois conservatoires. Trois auditions en art dramatique.

T’entends ça, DRA_MA_TI_QUE. Art. Dramatique. Tu parles… Avec un nom pareil, j’aurais du me douter de quelque chose. Je prends le Larousse.

Art dramatique

Dramatique : Donc, du bas latin drama qui signifie action. Définition.

1. Qui se rapporte au théâtre ou qui touche la profession théâtrale : Cours d’art dramatique.
OK, très bien. Merci pour l’exemple.

2. Qui possède les caractéristiques du drame ou en évoque le caractère.
Ah, voilà on se rapproche un peu plus. Qui possède les caractéristiques du DRAME* !
* Une précision sémantique s’impose. Mais nous y reviendrons plus tard, en dernière partie.

3. Qui comporte de sérieux dangers, des conséquences graves ; tragique, terrible : La situation financière devient dramatique.
De SÉRIEUX DANGERS, des CONSÉQUENCES GRAVES et, cerise sur le gâteau, l’illustration donnée : "La situation financière devient dramatique.". Tout est résumé je crois. Pourquoi j’ai voulu m’inscrire au conservatoire ? Pourquoi ne pas faire comme tout le monde et faire du théâtre aux Cours Florent par exemple ? Trois raisons.

L’enseignement, classique, rigoureux, qualitatif – une valeur sure. La reconnaissance de la formation par les professionnels. Le coût, basé sur les revenus – entre 100 et 600 euros l’année quand, chez Florent, il faut quand même débourser 360 euros le mois. Trois raisons donc, et trois problèmes. Ne pas être prise dans un conservatoire m’a posé trois problèmes.

Le premier, la remise en question. Savoir si j’étais vraiment faite pour ça, si à trop rêver je ne m’étais pas voilée d’illusions, si finalement il ne fallait faire comme tout le monde et rentrer dans le rang. Se résigner, ils auraient raison. Deuxièmement, si je ne peux avoir accès à l’enseignement public, comment vais-je pouvoir me payer une formation privée ? Et pour finir, la question de l’abandon ou la poursuite. Et en fait c’est bien ça, c’est bien ce mot "poursuite". La poursuite d’un but, la poursuite d’un rêve, la poursuite du bonheur. La poursuite de ce qu’on veut en fait. Vous pouvez en faire l’expérience. Écrivez : La poursuite [suivi d'un complément de nature positive]. Positive. Faire ce que j’aime pour être heureuse. Alors la poursuite devient plus forte que tout.

4. Qui suscite une vive émotion ; poignant : L’intensité dramatique de la scène finale.
L’émotion était bien là, du début à la fin. Je n’ai jamais cessé de ressentir, de penser, de vivre. Ce type de situation qui te prend aux tripes. Parce que tu as tout plaqué pour ça et que tu ne peux plus faire marche arrière. Le cran qu’on a pour avancer il ne faut pas l’avoir qu’une fois, il faut l’avoir tous les jours parce que c’est loin d’être facile. Mais, honnêtement, ça en vaut tellement le coup.

Auditions

Trois conservatoires. Trois auditions très différentes les unes des autres.

Premier round

La première, dont je garde un souvenir horrible, s’est très mal passée. Près de 3h de retard. Arrivée vers 9h du matin. L’attente était longue. Tout le monde s’observe, la nervosité est palpable. Je tente de me concentrer, l’enjeu est grand et mes proches sont au courant. Mettre ses proches aux courant. Une chose que je déteste faire. J’ai horreur de ça. Ça ne fait qu’ajouter de la pression qui, de manière quasi systématique, me fait rater mes examens. Alors, mettre mes proches au courant, j’évite. Mais cette fois-ci, j’avais le sentiment de ne pas avoir le choix. "On s’inquiète pour toi // On aimerait bien savoir ce que tu fais // Et à la rentrée, tu y as pensé à la rentrée // Et…" OK voilà je prépare les auditions en art dramatique pour les conservatoires de Paris. Voilà comment tout cela s’est passé. J’avais envie qu’on me laisse tranquille, et finalement c’était pire. Ils attendaient tous les résultats.

Vous voulez savoir comment s’est passée l’audition ? J’entre dans la salle complètement éclairée sur une quinzaine de personnes (où sont passés les deux ou trois membres du jury ?), les élèves de dernière année au grand complet accompagnés de leur deux professeurs. Pour ce qui suit, je suis proche du trou noir. Je ne me souviens que de mes symptômes physique. La bouche pâteuse, les mains moites et les genoux qui tremblent à un point que je me demande encore comment je suis restée debout pendant la durée de l’exercice (à peine 5 minutes pourtant). J’étais probablement à deux genoux doigts de l’évanouissement. Vraiment, le coup des genoux, une première. Et ça tombe bien (enfin…) parce qu’on m’avait conseillé de mettre une jupe. (ceci est un fail. Et parce qu’un fail n’arrive jamais seul, il y en a encore deux qui suivent) Tant qu’à faire, autant se planter jusqu’au bout.

Je sors de là (terrorisée) avec cette petite voix en moi qui me dit : Dieu m’a donné la foi qui brûle au fond de moi j’ai le cœur cette force qui guide mes pas Allez c’était l’échauffement, tu t’es confrontée à l’exercice, il te reste deux essais !

Deuxième round

Deuxième tentative. J’ai eu le temps de me rebooster, j’arrive très confiante. Si je dois en avoir un c’est celui là. Je pense partir avec un avantage : ce conservatoire demandait un parcours libre et le mien défonce ! Un parcours libre, c’est la possibilité de sortir des contraintes draconiennes imposées par le conservatoire en proposant une création qui exprime à la fois notre personnalité et nos inspirations. Je sais exactement ce que je veux faire, alors je loue un studio de danse plusieurs heures pour travailler un parcours trois en un (hé j’ai pas bossé dans le marketing pour rien) !

Bon… OK.

Lecture de passages sélectionnés dans ce livre que j’aime particulièrement, L’amour dans le vie des gens (dont je parle ici), accompagné d’une chorégraphie néo-classique sur une musique rock des Stuck in the sound, Tender. Mélange des genres, avec un thème central, l’amour. Ce parcours libre c’était moi toute entière. Alors s’ils ne m’aiment pas comme je suis, je suis bien heureuse qu’ils ne m’aient pas prise !
Scène coupée au bout de 3 minutes, parcours libre – préparé exclusivement pour ce conservatoire – coupé au bout d’1 minute 30. La sentence est sévère. Des heures de travail. Et pourtant une seule requête à ces messieurs les jurés, respecter ce travail, nous laisser nous exprimer. Tu parles. Ça n’avait même pas commencé qu’il annonçait déjà "On a pris beaucoup de retard, on doit faire au plus vite". Sacrée pédagogie…

Troisième round

Dernière tentative. Déjà. Conservatoire le plus exigent aussi. Je n’ai rien à perdre. Ou plutôt si. Je tente le tout pour le tout. A l’annonce de la liste des convoqués du jour, surprise. Le professeur invite tous les participants à entrer dans l’auditorium et assister aux auditions. Moment gênant et stressant. Jusqu’à présent les auditions se faisaient uniquement en présence des membres du jury. A huis clos en quelque sorte. Avant que l’audition ne commence, une mise en garde du professeur : "Vous êtes prêts de 400 à passer l’audition, je n’ai que 8 places. La sélection est très difficile et ne dépend pas uniquement du talent mais également de critères divers tels l’âge, le sexe, l’expérience… Aussi, surtout, ne remettez pas en question votre qualité d’acteur si vous n’êtes pas sélectionné. C’est très important. Il y a trop de facteurs en jeu pour ça." Bon.

Finalement, assister aux auditions est très enrichissant. Je me rends compte à quel point il est difficile de faire un choix car l’évaluation se fait sur des textes d’époques et de composition totalement différentes, opposés. Tous ont du talent, "quelque chose", c’est indéniable. Pour autant, ce qu’il en ressort, c’est des parcours standardisés : tous très jeunes (18-20 ans), dont 80% étudient l’art dramatique dans le cadre d’une licence 1 ou 2 à l’université, 20% sont en compagnie ou suivent en plus des cours chez Florent. Ce concours, ils y sont préparés…

A mon tour. Ma réplique doit partir rapidement car elle a un empêchement plus tard dans l’après-midi, nous passons donc en troisième position. Jamais deux sans trois dit-on. Trois. Un chiffre qui décidément ne me réussit pas. Ici, on a le temps. Le professeur insiste pour que l’on se mette à l’aise, que l’on prenne le temps qu’il nous faut. En plus de la remarque qui a ouvert la séance, je suis agréablement surprise. Voilà une personne avec qui j’aimerai travailler. J’entre sur scène. Je bouge beaucoup, je ne tiens pas mes positions pourtant "le public" réagit favorablement face à la scène. Enfin je crois. Je ne sais plus. Je me pose trop de questions. Je n’arrive pas à lâcher prise. Fin de la scène, début de l’entretien. Encore une fois la question de mon âge. Comme si ça semblait aberrant de commencer une formation d’art dramatique à 24 ans. Cette rigidité qui m’exaspère. Pourquoi j’ai arrêté le théâtre il y a 5 ans ? Pourquoi je reprends maintenant ? … Si on ne rentre pas dans vos critères, c’est trop compliqué. Comprendre, c’est trop compliqué. Recalée. Une troisième fois. La dernière fois.

Et dans sa tête était écrit en lettres capitales le mot FIN.

Précision sémantique

J’y reviens. Un drame. Voilà, je vis ça comme un drame.

Drame :

A. Événement ou série d’événements tragiques opposant des êtres humains les uns aux autres ; tragédie : Un drame de la jalousie.
C’était un peu ça. Une compétition. Qui m’opposait aux autres candidats, à moi même aussi. Et puis TRAGÉDIE, le mot est lancé. Je suis devant le conservatoire. La liste tombe. Les heureux élus. 8 pauvres noms sur une vulgaires feuille blanche. 8 pauvres petits noms pour près de 400 personnes auditionnées. J’ai le cœur qui bat. Je m’approche. Je plisse les yeux. Je n’y suis pas. Je regarde encore et encore la liste. Je reste là les yeux dans le vide. Julie… Julie… Ils ont peut-être fait une faute d’orthographe, je… Je relis tous les noms. Un par un. Je relis TOUS LES NOMS. Un. Par. Un. Je ne suis pas sur la liste. Trois fois. Trois fois,  je me suis retrouvée devant une liste où il n’y avait pas mon nom. Ou plutôt deux. La première fois j’avais téléphoné et ils me l’avaient annoncé au téléphone. J’ai failli y aller pour avoir le cœur net et vérifier moi-même sur la liste. Il aurait pu faire une erreur, ce n’aurait pas été de sa faute, c’est vrai j’ai un nom compliqué. Non.

Je vis ça comme un échec monumental. Une impression. J’arrête de respirer. Mon cœur bat de plus en plus fort mais l’air ne veut plus rentrer dans mes poumons. Alors c’est donc ça. Tous ces efforts pour… ça ? Pour rien ? Ou plutôt si, pour être déçue, pour être triste, pour être mal, avoir honte, échouer.

B. Événement auquel on attribue une importance ou une gravité excessive : Ne pleure pas, il n’y a rien de grave, ce n’est pas un drame.
Et cet ami qui me cite Batman Begins : "Pourquoi tombons nous Bruce ?… Pour mieux apprendre à nous relever." Avec du recul, je repense à tout ça. Et finalement, oui, je me rends compte que j’ai accordé à ce concours, à cet échec, une importance ou une gravité excessive. Ce n’est pas un drame, c’est peut-être même une belle histoire. Je voulais passer par la voie classique, mais je crois me souvenir que les chemins dérobés ne sont pas les moins intéressants. Et ça en vaudra encore plus la peine. Une raison de plus de se battre. Et, vous savez quoi ? Je me suis inscrite dans des cours de théâtre depuis plus d’un mois, et j’adore ça ! :-)

L’envie !

Suivez vos rêves et ne laissez personne vous barrer la route. Tout est possible. Pas sans compromis, certes. Mais allez au bout de ce qu’on désire vraiment intérieurement en vaut la peine, je vous le garantie. Et si vous échouez, ne lâchez rien et soyez fier de vous, car vous avez eu le cran de le faire ! Et tout le monde ne peut pas en dire autant… 

A bientôt, dans vos nouvelles vies :-)

NB : Ce billet ne serait pas complet si je ne remerciais pas ma gentille copine qui m’a accompagné du début à la fin de cette aventure, qui m’a supporté dans mes moments de doutes et de stress, qui m’a aidé et consacré beaucoup de temps. Merci à toi Julie Uninsky (qui cherche d’ailleurs en ce moment du travail dans le marketing sportif ! Si je peux lui donner un coup de pouce également). Ils ne m’ont pas prise mais finalement peu importe, on se sera bien amusées :)

La majorité des GIFs ci-dessus sont issus du génialissime If you don’t remember me.

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La femme d’avant

"Que nous devions nous aimer éternellement. C’est ce que tu avais dit."

Une promesse

Ils se sont connus il y a 24 ans. Précisément 24 ans. Elle avait 17 ans, il en avait 20. Ils se sont aimés pendant tout un été et se sont quittés sur une promesse : s’aimer pour toujours.

24 ans plus tard, Frank, marié à Claudia et père depuis 20 ans, s’apprête à déménager avec sa famille. Tout est emballé, c’est leur dernière nuit dans l’appartement. L’interphone sonne. Plusieurs fois. Frank décroche mais personne ne parle. On frappe à la porte. Plusieurs fois. Il demande qui est là. Rien. C’est alors qu’il ouvre la porte brusquement pour tomber sur une femme, Romy. Romy Vogtländer.

Il ne comprend pas ce qu’elle cherche ici. Elle l’a cherché pendant des années. Il ne la reconnait pas. Elle vient pour qu’il se souvienne de sa promesse et qu’il l’honore. Ils s’étaient promis de s’aimer pour toujours.

Romy V.
C’est un cauchemar dont je vais très bientôt me réveiller,

et dès que j’ouvrirai les yeux, tu te pencheras sur moi, tout près de mon visage, et tu me demanderas tendrement : Comment tu vas ? Tu vas bien ? Et moi je dirai : Je le savais, tu es enfin revenu me chercher. Et puis nous nous embrasserons.

Le quotidien et l’inattendu

Frank et Claudia sont finalement aujourd’hui un couple lambda, leur vie emballée dans des cartons, qui apparait comme pesante, presque sans relief. C’est dans le contexte du déménagement, qui fait remonter, à tous les membres de la famille, des souvenirs enfouis, qu’apparait Romy Vogtländer. Sure d’elle-même, elle semble n’avoir peur et ne douter de rien. Une étincelle de folie dans les yeux, elle va changer le cours de la vie de cette famille de manière irrémédiable.

Claudia
Je suis la mère de son enfant, j’ai accompagné cet homme à toutes le étapes de sa vie, je connais chacune de ses pensées, chaque geste, chaque pas, et il me connaît pareillement…

Romy V.
Connaître ! Connaître peut-être, mais aimer

Une pièce de théâtre prenante qui se lit en une petite heure. J’ai beaucoup aimé le style de Roland Schimmelpfennig (absolument imprononçable, nous sommes d’accord). Cette façon de raconter le quotidien, une situation de vie classique traitée de manière contemporaine, surprenante. Avec des moments où le temps semble s’arrêter, des retours avant et arrière, des détours, le traitement du temps est absolument génial ! Et étonnant pour du théâtre. Après avoir fini ce livre, deux envies : voir la pièce montée et lire un autre texte de Roland Schimmelpfennig. J’ai d’ailleurs commandé une autre pièce de cet auteur contemporain berlinois incontournable (que je découvre seulement maintenant).

Qu’est-ce qu’on va devenir ?
Je ne le sais pas, je n’en ai aucune idée.
Je tiens sa main, ou lui la mienne, nous sommes assis là et nous ne savons pas comment continuer.

Plusieurs problématiques se confrontent dans cette pièce. La question du couple en enjeu central : Romy et Frank, Frank et Claudia, mais aussi Andy et Tina, leur fils et sa petite amie – proches de l’âge qu’avaient Romy et Frank à l’époque. L’innocence des rêves adolescents face aux désillusions amères de l’âge adulte. Un parallèle crucial qui marque une rupture nette dans la pièce, un changement de cap dans la suite des évènements. Une fin surprenante aussi, terrifiante même. Je suis restée figée sur les dernières lignes du livre, que je vous laisse la surprise de découvrir.

Les années de vie commune feront-elles le poids face au souvenir d’un premier amour ? Finalement est-il possible d’aimer éternellement ?

La femme d’avant, Roland Schimmelpfennig

Prix : 8e68 sur Amazon
Broché: 80 pages
Editeur : L’Arche (26 juillet 2006)
Collection : Scène ouverte

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Il corpo del theatro

J’ai vécu, au théâtre de Ménilmontant, un moment hors du temps, plein de magie. Ambiance.

Une découverte Avignon 2012

"Ceci n’est pas une pièce de théâtre. Ce n’est pas non plus une chorégraphie. Ceci c’est un laboratoire in vivo, dont vous serez les témoins in situ. Une expérience inédite."

Un avertissement pour recevoir de la meilleure manière qui soit l’expérience que l’on s’apprête à vivre. Un spectacle hybride, entre danse et théâtre. "Un monologue intime récité à plusieurs voix" entre français et italien. Un spectacle de théâtre sur le théâtre.

"Soixante-quinze minutes où il vous sera donné de voir l’incarnation même du théâtre, sa naissance, son essence, ses sens, en musique, en sueur, en mots, en chair, en respiration."

Sur scène, 11 acteurs en quête de personnages… Des comédiens qui évoluent librement sur scène, chacun de leur côté ou ensemble, dans des ambiances et émotions différentes. Impossible de s’ennuyer. Au contraire, j’étais même frustrée de pas pouvoir "tout" voir de ce qui se déroulait sur scène !

Une parenthèse poétique

Captivée, touchée, émue. Une énergie incroyable, communicative. De la sincérité aussi. Un texte décousu, comme une introspection, ponctué de pensées, de souvenirs. Une idée nouvelle du théâtre. Un moment intime dans une salle gigantesque à moitié vide… Une situation qui m’a davantage motivée à écrire ce billet !

Ne vous attendez pas à une pièce classique avec des personnages qui s’élancent dans des tirades, des scènes, des actes. Ici tout est surprenant, les émotions on les exprime plus par le corps que par le texte, on les suggère, on les vit. Des retrouvailles, de l’amour, de la tristesse, de la douleur, de l’amusement… Chacun y verra ce qu’il voudra. Quand je suis sortie de la salle, j’ai tout de suite dit à mon amie : "Tu as vu, ces couples qui se formaient sur scène, qui se serraient le plus fort qu’ils pouvaient, qui riaient aux éclats, qui semblaient s’aimer plus que tout… Comme c’était beau !". Pour me rendre compte qu’elle n’avait pas du tout accroché et que ce qu’elle avait retenu c’était plutôt la souffrance et la douleur des séparations. Question de point de vue, de philosophie peut-être ou de l’état dans lequel on est quand on voit le spectacle.

A la manière d’une poésie, qui saura toucher certains et en laissera d’autres insensibles, cette pièce a été pour moi comme un petit bijou. Je finirais donc comme j’ai commencé ce billet :

"Ceci n’est pas une pièce de théâtre. Ce n’est pas non plus une chorégraphie. Ceci c’est un laboratoire in vivo, dont vous serez les témoins in situ. Une expérience inédite." Inédite, oui.

Infos pratiques

Il corpo del teatro – Compagnie Paola Greco
Tous les mardis à 21h

Durée : 1h15
Tarif : de 12 à 17 euros sur place, dès 8e50 en profitant de 50% de réduction sur Billet Reduc (parfois même des invitations à la dernière minute !)

Théâtre de Ménilmontant
15, rue du retrait
75020 Paris

Métro : Gambetta (ligne 3 – 3 bis)

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