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Deviens qui tu es

15 juin 2018

Vous avez peut-être vu ce livre que j’ai partagé sur Instagram. Ce livre que j’ai tardé à ouvrir car le titre me rappelait trop Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, que je n’avais que très moyennement apprécié (souvenez-vous), mais aussi parce que le résumé ne m’emballait pas plus que ça à vrai dire. Et puis j’ai été invitée à rencontrer l’auteur, (Docteur) Serge Marquis. La date approchant, je me suis décidée à commencer le roman, pour pouvoir me faire un avis et en discuter… Et comme j’ai bien fait !

Du bonheur des rencontres

Les rencontres sont magiques. Il s’en dégage chaque fois des étincelles. Des échanges fabuleux. Et des portes qui s’ouvrent.

Le thème de la rencontre était l’égo. Qu’est-ce que l’égo ? Avant cette rencontre, je vous aurais dit que, pour moi, l’égo c’était surtout avoir la grosse tête. Après cette rencontre, je vous répondrais qu’en réalité, ça n’est pas vraiment ça et que nous sommes finalement tous concernés par l’égo, moi la première ! (BIM prends-toi ça dans la tronche bougre d’égo)

Vous les connaissez, ces petites querelles du quotidien, au sujet de tout et de rien (et surtout à propos de rien). Ces engueulades qui oppriment et nous oppressent, pour quoi au fait ? Ah pour « avoir raison« , pour « gagner ». Parce que, oui, l’égo gagne ou meurt (c’est sa logique en tout cas) et, ça, sans distinction entre une lutte pour sa survie ou un désaccord sur la quantité de liquide vaisselle que l’on doit mettre sur l’éponge pour laver une assiette. (avouez : ça vous est déjà arrivé, pas vrai ?)

La petite histoire de l’égo

L’égo n’existerait pas depuis toujours. Il serait apparu progressivement, en même temps que la notion de territoire. Un territoire qui permet de survivre et qui nous « distingue », un territoire que l’on doit défendre. Et c’est là qu’apparaît un glissement dans le cerveau : « je dois défendre ce qui me distingue », « je suis ce que je possède ». Toc, toc ? C’est moi l’égo !

Notre cerveau ne fait plus la différence entre une question de survie et le reste. Dès lors, l’égo se forme, comme un oignon avec différentes pelures identitaires, et on s’identifie à ce que l’on possède, à ce que l’on fait, à nos opinions / idées / croyances, à notre apparence.

Une identification tellement forte qu’elle se manifeste physiquement. C’est pourquoi, à la perception d’une menace, quelle qu’elle soit, on sécrète les hormones du stress, le corps se crispe, l’estomac de noue, les mâchoires se serrent…

Comme cet écrivain dont un journaliste critique le dernier livre et qui se dit qu’il n’est plus capable d’écrire, qu’il n’est peut-être pas écrivain, qu’il est médiocre… alors qu’il n’est pas son travail. Il est encore capable d’écrire, de créer… et bien que ce journaliste n’apprécie pas son oeuvre, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas quelqu’un ailleurs pour penser le contraire !

Comme le père de Serge Marquis, qui, lorsqu’il s’est fait licencié, lui qui s’identifiait tellement à son travail, s’est comparé à « un déchet social » car pour lui, « je suis ce que je fais, donc si je perds mon travail, je ne suis plus ». Le responsable de ces pensées ? L’égo ! Vous voyez comme on s’éloigne de ce cliché qui le résume à « avoir la grosse tête » ?!

Ou, comme (et cette anecdote m’a marquée) cette vague de suicides chez les jeunes filles au Québec. Leur point commun ? 100% d’entres elles avaient posté une photo Facebook d’elle-même et avaient reçu des commentaires négatifs. Leur pelure identitaire liée à leur apparence était tellement forte que la dissociation entre une photo d’elle et elle-même n’était pas possible.

Le cerveau nous piège pour que l’on soit unique, pour que l’on ne disparaisse pas dans masse, ce qui, pour lui, reviendrait à… mourrir. Et pourtant…

Apprivoiser l’égo et l’apaiser

Nous ne sommes aucune de nos pelures identitaires.

« J’ai changé souvent d’opinions et de croyances dans ma vie… et heureusement ! Et je suis encore appelé à changer d’opinions et croyances, parce que j’observe, j’écoute et je m’intéresse à toutes les personnes qui observent et écoutent aussi. Et je n’en suis pas mort. »

Mais si nous ne sommes pas nos pelures identitaires, alors que sommes nous ? Des êtres humains. Pour Serge Marquis, notre essence réside dans la découverte de ce qui en nous ne vieillit jamais : notre capacité à être présent au présent, à aimer (et comment peut-on aimer si on n’est pas présent ?), notre faculté à nous émerveiller, savourer, créer, apprendre, transmettre.

Et l’égo nous en éloigne.

La solution ? Apprivoiser cet égo, qui ne peut pas disparaitre, et l’apaiser en revenant au moment présent, sans jugement, en étant attentifs au moment où la machine de l’égo se met en marche, où notre corps de contracte, où notre mode lutte s’active. Et là, je comprends pourquoi le yoga (me) fait tant de bien. Car il (m’)éloigne du drama de l’égo, en (me) reconnectant à l’essentiel.

Vous vous souvenez que quand on perçoit une menace on sécrète du cortisol, l’hormone du stress. Eh bien quand on savoure l’instant présent, on sécrète des endorphines, l’hormone du plaisir !

En se laissant happer par nos pensées négatives, on se coupe de notre capacité à créer. Alors, porter son attention sur son souffle. Des pensées parasites surviennent de nouveau ? Ramener l’attention sur son souffle, encore et toujours. Et se demander face à une situation qui nous agresse, oppresse, chagrine : « Est-ce que ma capacité d’aimer est menacée ? Est-ce que ma capacité de créer est menacée ? De savourer ?…  »  Et la réponse est non. Nous continuons d’exister et d’être pleinement capables. Alors, on peut laisser ces pensées partir.

Et si ça persiste ? Se demander, en quoi ce problème m’est utile ? Qu’est-ce que je peux apprendre de cette souffrance ? Qu’est-ce que ma souffrance peut m’enseigner ?

On a tous nos vulnérabilités et on apprend à les accueillir. Et il n’est jamais trop tard.

« On change toute notre vie, on apprend, on se transforme »

Tout ça s’apprend, en essayant, en pratiquant. Comme on fait du sport pour garder notre corps en forme, entrainons notre cerveau, tout particulièrement en ces temps de suractivité, de sursollicitation.

Soyons bienveillants. Envers les autres, envers nous-même. Et respirons, consciemment.

Prenez une grande inspiration par le nez, sentez vos poumons qui se gonfle, votre cage thoracique et vos épaules qui s’ouvre vers le ciel. Longue expiration par la bouche pour vider tout l’air des poumons, pliez légèrement les coudes, relâchez les épaules, le ventre, le buste.

Encore 2 fois.

Notez comment vous vous sentez.

Bien mieux j’espère ! Et cela vous a pris si peu de temps <3 A renouveler autant de fois que nécessaire.

Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet, je vous recommande de découvrir les deux livres de Serge Marquis : On est foutu, on pense trop ! (si vous aimez les livres de développement personnel, 160 pages pour aller droit au but) et Le jour où je me suis aimée pour de vrai (si vous préférez les romans), aux Éditions Points.

Et pour celles et ceux qui souhaitent taquiner leur égo, on se retrouve sur un tapis de yoga ? Je partage mon planning régulièrement sur Instagram !
Prochains cours : tous les mercredis à 18h30 pour un cours Relax à République avec OlyBe, jeudi 21/06 à 13h pour un cours Gentle à Boulogne avec Kwerk, et dimanche 24/06 à 11h dans le 20ème pour un cours Energize avec OlyBe. N’hésitez pas à m’écrire pour plus d’infos 🙂

Merci de m’avoir lue jusqu’ici.

A très vite, ici ou ailleurs.

Prenez soin de vous <3

Plus de bonheur : je ne résiste pas à partager avec vous cette courte vidéo de 2 minutes de Serge Marquis, pour ses précieux conseils et son adorable accent québécois.

Un énorme merci à l’équipe des Éditions Points, et particulièrement Aurore, pour leur accueil, leur gentillesse et cette magnifique rencontre. Merci.

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