Art, musique & littérature

Rentrée littéraire : mes coups de coeur chez Fayard et Pauvert

19 juin 2017

Aaaah la rentrée littéraire ! Ça approche, ça arrive ! Chaque année, qu’on l’attende ou non, impossible de passer à côté de cette avalanche de nouveaux livres. Des titres que l’on a, pour beaucoup, très envie de découvrir… si seulement on avait le temps de tous les lire. Alors, pas le choix (enfin si, trop justement), il faut faire le tri. Première sélection coups de coeur dans ce qui va paraître chez Fayard (et Pauvert !) à la rentrée… et que j’ai hâte de lire !

Coups de coeur

au-nom-des-nuits-profondes-dorothee-werner-fayard-rentree-litteraire-avisAu nom des nuits profondes, de Dorothée Werner

Résumé :

Au début, tout était à sa place. Comme dans les bonnes familles, en parfaite baby-boomeuse, sa mère était passée de fille à papa à femme au foyer. D’abord fière de sa grossesse, et puis désemparée par la maternité. Convaincue de l’infériorité intrinsèque de son sexe, absente à elle-même comme aux autres, elle passait son temps à se plaindre d’un quotidien qui ne valait pas le mal qu’elle se donnait pour le vivre. Et puis tout a volé en éclats. Quelques années ont suffi pour faire basculer l’époque dans l’égalitarisme. Des femmes en tailleur pantalon deviennent cadres supérieurs, adieu victimes geignant au-dessus des casseroles, le mot « émancipation » est sur toutes les lèvres. Alors sa mère veut, comme tant d’autres, rattraper le temps perdu. Envers, contre tout et dans le désordre. L’enfant n’a rien compris, mais elle a tout vu, tout entendu. Et un beau jour, une nuit, elle raconte sa version de l’histoire : ce destin de femme ensorcelée par l’appel de la liberté, à ses risques et périls. Une ode poétique et rageuse, un genre de fable, un roman d’amour trempé dans chaque époque traversée.

Relations mères-filles, génération des baby-boomers, lutte pour l’émancipation de la femme et question de la transmission générationnelle. Autant de sujets qui me parlent et me plaisent, c’est LE livre par lequel je veux commencer !

La nuit est encore jeune-castastrophe-pauvert-rentree-litteraire-avisLa nuit est encore jeune, du collectif Catastrophe

Résumé :

« Ce livre, nous l’avons imaginé comme une promesse faite à nous-mêmes et à ceux qui s’y reconnaîtront. Pas plus un programme qu’un traité ou qu’un manifeste, c’est simplement un rendez-vous donné à notre propre futur. Pour beaucoup d’entre nous, l’idée même de résignation est obsolète. Nos vies, ces anecdotes uniques et non reproductibles, nous aimerions en faire des paris. Après la paralysie du siècle achevé, l’avènement des cultures de masse, le nihilisme bénin de nos aînés, le déclinisme et les cendres, nous renaissons aujourd’hui, fragiles et attentifs à ce qui pourrait arriver dans un monde brutalement redevenu tragique. Il n’y a plus une seconde à perdre et nous le vivons avec joie, comme une chance. C’est un monde où tout est en l’air et où l’espoir se fonde sur le désespoir même, un monde où l’on doute mais où l’on ose, où l’on se découvre des esprits d’araignées connectées et où l’on s’étonne des univers parallèles qui cohabitent dans les rues, où l’Histoire requinque comme un bain glacé et où l’invisible importe et émeut, où l’argent n’est plus rien qu’un moyen et où l’on arrive à allier la distance joueuse de l’ironie à la force nue de l’amour. Cette alliance fondera notre liberté, à laquelle nous tenons par-dessus tout. Nous renaissons alors même que les règles changent et que les visages prennent de nouvelles couleurs. L’avenir est déjà là. N’ayons pas peur. »

Je découvre Pauvert, éditeur de textes insolites, et le collectif « Castastrophe » par la même occasion. Cette « jeunesse 11 septembre », hantée par la mort et loin d’être insouciante, prend la parole, dresse un constat, fait un pari : « profiter de la crise du tremblement pour apprendre à danser ». Ça m’intrigue… beaucoup !

je-m-appelle-lucy-barton-elizabeth-strout-fayard-rentree-litteraire-avisJe m’appelle Lucy Barton, d’Elizabeth Strout

Résumé :

Hospitalisée à la suite d’une opération, Lucy Barton reçoit la visite impromptue de sa mère avec laquelle elle avait perdu tout contact. Tandis que celle-ci se perd en commérages, convoquant les fantômes du passé, Lucy se trouve plongée dans les souvenirs de son enfance dans une petite ville de l’Illinois – la pauvreté extrême, honteuse, la rudesse de son père, et pour finir son départ pour New York, qui l’a définitivement isolée des siens. Peu à peu, Lucy est amenée à évoquer son propre mariage, ses deux filles, et ses débuts de romancière dans le New York des années 1980. Une vie entière se déploie à travers son récit lucide et pétri d’humanité, tout en éclairant la relation entre une mère et sa fille faite d’incompréhension, d’incommunicabilité, mais aussi d’une entente muette et profonde. Publié aux États-Unis en janvier 2016, Je m’appelle Lucy Barton s’est rapidement hissé en tête des ventes et a été salué comme un chef-d’oeuvre par la critique littéraire.

Oh un dialogue mère-fille. Oui encore un. Un sujet qui me passionne (tu as lu cet article ?) parce qu’il y a tant à dire lire ! Alors quand en plus s’ajoutent des réminiscences de l’enfance, que le personnage principal est écrivaine (oui au féminin) et que l’auteure de ce livre a reçu le Prix Pulitzer en 2009… Tous les ingrédients sont là ! Un roman resté numéro 1 des ventes du New York Times pendant longtemps (et que l’on découvre enfin en français !).

presqu-ile-vincent-jolit-rentree-litteraire-fayard-avis

Presqu’île, de Vincent Jolit

Résumé :

Les souvenirs constitueraient-ils un rempart contre la maladie ? Habitué par des problèmes de santé récurrents aux chambres d’hôpital qui se ressemblent toutes, livré aux mains d’un personnel soignant auquel il est obligé de faire confiance, passif, le narrateur de ce roman ne peut plus compter que sur sa mémoire pour s’arracher à son lit médicalisé, à la lumière des néons, au goutte-à-goutte d’antalgiques. Le corps est immobile, mais l’esprit, lui, peut rejoindre la presqu’île méditerranéenne où il fut si souvent confié à la garde de sa grand-mère, commerçante modeste, bonne perdante au jeu de l’oie et turfiste chevronnée, initiant son petit-fils aux mystères des cotes à trois contre un et des arrivées dans l’ordre. Mais là aussi l’impalpable se mêle aux éléments les plus concrets. De l’agencement des pièces de la maison, de la végétation du jardin, des odeurs de la boutique (une boucherie), ou de la tendresse de cette femme, de sa patience, de son inaltérable disponibilité, qu’est-ce qui a vraiment fait l’enfance ? Quand, inévitablement, la lumière des néons finit par l’arracher à la presqu’île, c’est comme si le narrateur rentrait de voyage. Et l’insoluble question des liens qu’entretiennent corps et esprit s’efface devant une autre : procédons-nous jamais d’autre chose que de nos premiers éblouissements ?

Comment retrouver ses sensations physiques quand on est cloué au lit ? Comment rejoindre les plantes, les couleurs, les parfums de « sa » presqu’île quand on est enfermé dans une chambre d’hôpital ? La magie de la mémoire. Un voyage immobile, ponctué de souvenirs d’enfance, que j’ai très envie de suivre.

L-automne-a-Pekin-boris-vian-pauvert-rentree-litteraire-avisL’automne à Pékin, de Boris vian

Résumé :

À dire vrai il n’est pas question de Pékin dans ce roman, et
d’automne guère plus – mais seulement d’un homme qui, ayant
raté son autobus, se retrouve à construire des voies de chemin de
fer en plein désert.

Ils seront d’ailleurs plusieurs, bientôt, à s’en
mêler : archéologue, médecin, abbé…, chacun venu là pour des
raisons qui restent à élucider mais avec une vision des choses
bien précise, des rêves et des désirs bien singuliers.

Flirtant avec l’absurde de façon aussi drôle que poignante, ce
roman de Boris Vian paru une première fois en 1947 puis une
deuxième en 1956 n’a pourtant jamais connu le succès du vivant
de l’auteur. Mais la postérité lui a rendu justice de manière
éclatante, ce que vient encore confirmer son adaptation en bande
dessinée.

Très très très envie de lire ce livre de cet auteur si connu… que je n’ai pourtant jamais lu encore ! (han)

Marianne et le garcon noir-leonora-miano-pauvert-rentree-litteraire-avisMarianne et le garçon noir, sous la direction de Léonora Miano

Résumé :

« Marianne et le garçon noir veut apporter une parole de l’intérieur sur l’expérience des noirs de sexe masculin dans la France de notre temps, en particulier sur le sol hexagonal. Plus largement, c’est sur la présence noire que se penche l’ouvrage, afin d’en explorer les particularités dans l’espace français. Les contributions sont de divers ordres, mais elles prennent appui, pour l’essentiel, sur le vécu des auteurs. Le projet est né à la suite de violences policières impliquant des jeunes hommes noirs. Toutefois, j’ai tenu à ce que les rédacteurs aient la liberté de s’écarter de ce sujet pour en évoquer d’autres, comme les relations amoureuses ou le positionnement à adopter vis-à-vis d’une France encore trop souvent hostile, par exemple. À partir du regard posé sur le corps, des fantasmes suscités par lui ou d’autres éléments, l’objectif est de rendre audible une parole sensible et politique, parfois inattendue, tant les représentations transmises depuis des générations sont réductrices. L’influence de Marianne se déployant au-delà de ses frontières déjà complexes – la France étant un grand archipel – il m’a semblé pertinent d’associer à cette prise de parole deux voix subsahariennes. En effet, le garçon noir qui cherche à arracher sa souveraineté aux rets de l’entreprise criminelle connue sous le nom de Françafrique est, lui aussi, concerné. De plus, dans l’environnement mondialisé où les réseaux sociaux abolissent frontières et distances, le sort des noirs en France ne laisse pas indifférent en Afrique subsaharienne. » L.M

Enfin un livre qui parle du racisme en France, ce sujet si tabou, avec une approche différente, à travers plusieurs voix. Un livre que je garderai bien sur ma table de nuit pour le lire, en alternance avec un roman, pour pouvoir mieux y penser.

Lettres-a-Vera-vladimir-nabokov-pauvert-rentree-litteraire-avisLettres à Véra, de Vladimir Nabokov

Résumé :

Tout au long du demi-siècle que dura leur mariage, Vladimir et Véra Nabokov furent rarement séparés. Cela n’empêcha pas Nabokov d’écrire un nombre considérable de lettres à sa femme. La plus grande partie de cette correspondance à sens unique (Véra ayant détruit ses propres lettres) se situe dans les années qui ont suivi leur rencontre, en mai 1923, à Berlin, où leurs familles respectives avaient fui le pouvoir bolchevique. L’obligation pour Véra de partir se soigner dans un sanatorium de la Forêt Noire, la visite de Vladimir à sa famille réfugiée à Prague, son départ pour Paris, où Véra refuse de le rejoindre, puis, plus tard, ses conférences dans le sud des États-Unis sont autant de raisons qui ont suscité ces lettres. On y voit la passion de Nabokov pour sa femme, les bouleversements auxquels tous deux sont confrontés dans leurs vies matérielles et affectives, le dénuement qui est le sien lors de ses débuts à Paris, sa quête d’un refuge pour sa famille en France, en Angleterre ou aux États-Unis, l’intérêt croissant suscité par son oeuvre auprès des éditeurs et d’un public éclairé, l’importance du jugement de Véra sur son travail. Ces lettres, outre ce qu’elles révèlent sur l’homme, nous éclairent sur son travail d’écrivain, son énergie créatrice, la pléthore de sujets qui surgissent, l’intensité de son travail – et laissent entrevoir ce qui constitue la spécificité de son style : sa veine parodique, poétique, virtuose et ses jeux de mots.

J’ai déjà un petit faible pour les romans épistolaires alors quand il s’agit de véritables correspondances, surtout amoureuses, j’ai envie d’en savoir plus ! Même si, il faut bien l’avouer, lire des correspondances, c’est un peu quitte ou double : passionnant pour ce qu’elles peuvent révéler de l’intime et pour ce caractère suranné qu’elles ont immanquablement aussi… ou totalement banales et incompréhensibles sans éclairage contextuel. Je ne connais pas Nabokov… et je me dis que ça peut être une bonne entrée en matière avant de découvrir ses livres !

On arrive à la fin de la sélection… et c’est déjà beaucoup pour un tri ! Est-ce que certains de ces livres vous tentent ?
Vous pouvez découvrir la rentrée littéraire Fayard et Pauvert dans son intégralité (avec interviews des auteurs) ici.
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