Art, musique & littérature

Child of the universe

21 octobre 2014

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J’aime beaucoup les étoiles. Leur chaleur froide, cette lumière proche et lointaine, uniques et pourtant identiques pour tous. Je pourrais les admirer pendant des heures. Plus que de l’admiration, de la fascination. Elles représentent pour moi quelque chose d’immuable et de rassurant, à quoi se raccrocher quand tout vacille. J’ai plusieurs livres sur l’espace (avec des photographies s’il vous plait pour s’y perdre à la lecture – comme ce superbe livre mon petit frère m’a offert à Noël dernier) et les objets ou boutiques qui entrent dans cet univers m’interpellent au plus haut point (comme ce fut le cas pour la petite boutique de bijoux, au nom poétique Objets Célestes, dont je parlais ici en 2012 – une de mes premières séries de photos ^^). Alors, quand j’ai commencé à voir partout, en affiches, sur instagram, dans les rayonnages cette superbe couverture bleue « Nos étoiles contraires », j’ai foncé.

Poussières d’étoiles

J’ai fini de lire ce livre il y a deux mois déjà (et encore j’étais en retard). J’ai dû souffler le mot à toutes les amies que j’ai croisées et qui m’ont demandé quoi lire. Mais je n’avais pas encore eu le temps d’en parler ici (et vous verriez le regard que je me jette les 5 autres livres, dans ma bibliothèque, qui attendent leur tour alors que j’écris ces mots… Je frôle le lynchage). Et finalement ça tombe plutôt bien, en plein octobre rose. Bon, vous avez sûrement déjà entendu parlé du livre (ou alors au moins du film… on en parlera à la fin), mais vous ne connaissez peut-être l’histoire.

« Tout le monde a envie de vivre une vie extraordinaire »

Hazel Grace est une ado américaine qui adore lire (et surtout relire son livre préféré, « une impériale affliction »), regarder top model USA, et qui est en rébellion contre la « ghettoïsation des oeufs brouillés » (au petit-déjeuner). Ah oui, elle a un cancer en stade terminal aussi. Elle rencontre un garçon, Augustus Waters, qui lui aussi adore lire (principalement « le prix de l’aube » et la suite de la série bien sur – avec une moyenne d’un cadavre par page), écouter The Hectic Glow dans sa voiture ou regarder V pour Vendetta. J’oubliais, il a perdu une jambe à cause de l’ostéosarcome (une tumeur osseuse) mais il est en rémission.

« Chacun se présentait : nom, âge, diagnostic et humeur du jour. Je m’appelle Hazel, avais-je dit quand mon tour était arrivé. J’ai seize ans. Cancer de la thyroïde à l’origine, mais mes poumons sont truffés de métastases depuis longtemps. Sinon ça va. »

On plonge dans le quotidien d’Hazel. Pas en apnée, avec une bonbonne d’oxygène. Ce n’est pas un souhait ou combat, c’est un fait : malgré son cancer, c’est une ado « normale » avant tout. Une ado qui doit, bien sûr en plus, jongler avec tout ce que la maladie implique : n’être jamais vraiment sereine, avoir peur de faire une rechute, de manquer de temps, de la mort.

« Je lui ai raconté dans les grandes lignes l’histoire de mon miracle : cancer de la thyroïde stade 4 diagnostiqué à l’âge de treize ans (je n’ai pas précisé que le diagnostic était tombé trois mois après mes premières règles. En mode : Bravo ! Tu es une femme. Maintenant, meurs.), cancer déclaré incurable.

Chaque jour, chaque heure, chaque minute… Chaque seconde

Ce que j’ai particulièrement aimé c’est qu’Hazel et Augustus ont une vie, et sont des individus qu’on peut définir par leurs qualités, leurs défauts, leur personnalité, et ce indépendamment de leur maladie. Je les appelle par leur prénom, je parle d’eux comme si c’était de vraies personnes que j’ai connu, que j’aurai pu connaître. C’est vrai et faux à la fois. C’est là qu’on se rend compte à quel point c’est intelligent.

« Le dragueur dans toute sa splendeur. À vrai dire, il me faisait de l’effet. J’ignorai jusque-là que des garçons pouvaient me faire de l’effet, du moins dans la vraie vie. »

Ce qu’a réussi John Green c’est de parler du cancer avec l’humour, la révolte et la désinvolture d’une ado de 16 ans. Rien n’est laissé au hasard : intrigue, style, rythme, c’est brillant. Vous auriez vu les yeux des gens à qui j’en ai parlé quand, après leur avoir raconté l’histoire en bref, je leur disais : « Mais je t’assure je ris beaucoup en lisant ce livre ! ». Et pourtant c’est vrai (mais pas que).

« À ma connaissance, Peter Van Houten était la seule personne qui a) semblait comprendre ce que ça faisait de mourir alors que b) il n’était pas mort. »

John Green m’a offert ce plaisir fou (et sûrement étrange pour tout observateur extérieur) de lire avec les yeux qui pétillent, le sourire aux lèvres et le coeur qui bat fort… Et quelques pages plus tard, ce même coeur qui se serre pendant que je retiens mon souffle, suspendue aux mots qui défilent.

«Je suis tombée amoureuse pendant qu’il lisait, comme on s’endort : d’abord doucement et puis tout d’un coup. »

Un livre très actuel, avec des références 3.0 que j’ai beaucoup aimé, loin du mélodrame lourdingue ou du simple roman pour ado. A la fois, mignon, doux et tendre. Ah j’oubliais, détail important (je suis minutieuse), la couverture est vraiment agréable à tenir en main avec des superpositions de matières. Sans m’en rendre compte je la caressais parfois pendant la lecture (oui tout va bien sinon).

« Ce livre n’était même pas un chef-d’oeuvre. Il se trouvait juste que l’auteur, Peter Van Houten, semblait me comprendre d’une manière inexplicable. Une impériale affliction était mon livre, au même titre que mon corps était mon corps, mes pensées étaient mes pensées. »

Je relis mes notes dans le livre et j’ai même écris « comme un dessert avec du sucre pétillant : délicieux, fondant, et soudain, sans qu’on s’y attende, une petite explosion de joie, d’humour, d’émotion à l’état brut. » En un mot : magique.

« Sans souffrance, comment connaître la joie ? » (un point de vue que j’avais toujours trouvé d’une stupidité et d’un manque de finesse inouïs. Pour le démontrer, il suffisait de dire que, même si le brocoli existait, ça n’empêchait pas le chocolat d’être bon.) »

Une sorte de parenthèse enchantée qui nous fait réfléchir à deux fois avant de se prendre la tête pour des conneries comme on peut le faire tous les jours.

« J’aimais être une personne, j’avais envie que ça continue »

Dilemme

Si dilemme il y a. Vous avez envie de lire le livre mais le film, en ce moment au cinéma et bientôt en DVD, vous fait du pied. Ça prendrait moins de temps et ce serait « plus sympa » vous vous dites. AAAH la mauvaise idée, ne cedez pas à la tentation je vous en prie ! Le livre est une vraie merveille à côté de quoi le film (que j’ai vu, malheureusement. Mais après avoir le lu livre, heureusement.) apparait comme une version édulcorée, épurée où les détails les plus touchants sont passés à la trappe. Alors pitié, faites-vous un thé, installez-vous dans un fauteuil, dans un café, prenez le métro, le bus, le train que sais-je mais LISEZ !

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Nos étoiles contraires, John Green

Prix : 16e90 sur Amazon
Broché: 330 pages
Editeur : Nathan (21 février 2013)
Collection : Grand format

Plus de bonheur : lire ce livre qui m’a rappelé la sensation que j’avais eu en lisant « Le bizarre incident du chien pendant la nuit», un de mes livres préférés. A lire si vous ne le connaissez pas !

 

PS : à ceux ou celles qui ont lu et vu le film, qu’en avez-vous pensé vis à vis du livre ?
PS bis : à ceux et celles qui ont vu le film et qui ont également vu Divergente : WTF Ansel Helgort joue le frère de Shailene Woodley alors qu’ils sont amoureux dans Nos étoiles contraires… Ça m’a perturbé tout le début du film, pas vous ?

3 Comments

  • Reply frederiiiic 21 octobre 2014 at 11 h 48 min

    Tu viendras voir mes étoiles dans les catacombes un jour?
    http://fredericpavageau.net/2014/10/spring-%E2%88%9E-catabomes-nuitnoir/

    • Reply Julie @ Formally Informal 21 octobre 2014 at 15 h 41 min

      J’en reviens pas… C’est sous le sol ça ?!
      J’ai adoré « Sache que les endroits sombres sont gorgés de lumières. » <3
      Super ton site

  • Reply Ullens, dame de coeur – Formally-Informal 28 octobre 2014 at 10 h 37 min

    […] de bonheur : dans la même lignée avec le livre « Nos étoiles contraires », dont je vous parlais dernièrement et qui raconte l’histoire de deux ados touchés par le cancer, à lire absolument… […]

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