Art, musique & littérature

Vous laisserez-vous emporter par la septième vague… ?

11 octobre 2013

Drôle de coincidence que ce livre intitulé « La septième vague » soit l’un des seuls rescapés de l’inondation qui a submergé mon appartement… Le chanceux s’est vu offrir 2 semaines de vacances ! Ca tombe bien, il devait en avoir marre d’être là, dans ma bibliothèque (qui n’en est pas une), à côté des autres livres. Ils se moquaient, eux. Ils se moquaient parce qu’il n’avait pas été lu, lui. Triste vie pour un livre. Et puis, l’inondation l’a rappelé à ma mémoire (« Tiens, c’est vrai ce bouquin je l’ai pas lu, je crois que l’histoire me plaisait vachement pourtant, c’était quoi déjà…?! »). Et c’est à ce moment précis que sa vie a été totalement chamboulée (curieuse coincidence (bis) pour un livre qui parle d’un homme et d’une femme qui n’osent pas chambouler la leur). Il a pris le train et a fait bronzette près de quatre jours au soleil (il faut dire qu’il en avait grand besoin le pauvre… Toutes ces péripéties l’avait complètement lessivé : pages quasi liquides et moisissure sur la tranche (un charmant moment cette inondation… Hommage aux disparus qui n’ont pu être sauvés – un convoi les a emportés vers la résurrection (oui, voilà, poubelle jaune direction le recyclage. Ya rien à faire, c’est tout de suite moins poétique – passons.))). C’est tout requinqué que je l’ai retrouvé, prêt à me raconter son histoire. Enfin, pas vraiment son histoire à lui, celle que vous venez de lire mais celle qu’il porte. La leur. Celle d’Emmi et de Leo

Vous avez un nouveau message…

macbook workplace by max isaksson
Pic by Max Isaksson

J’aime beaucoup les romans épistolaires. Par le biais des lettres, ce sont les personnages eux-mêmes qui racontent leur histoire, on rentre dans l’intimité des relations et de leur époque… D’ailleurs, pour être honnête, elle me manque cette époque où on s’envoyait des lettres, où on attendait une réponse pendant des jours, interrogeant le facteur du regard à chaque passage. Ces lettres qu’on gardait précieusement dans une boite sous son lit, qu’on relisait à l’infini, qu’on sentait, qu’on oubliait pour mieux les retrouver des années plus tard, et les relire encore, les larmes aux yeux, le coeur battant…

Préservons ce qui a été. Et restons-en là pour ne pas tout détruire. Ton Leo.

Bien qu’il ne soit pas question de papier ici – les courriers que Leo et Emmi s’échangent, ils les relèvent sur Outlook – l’attente et l’émotion restent les mêmes…

Cher Leo, ce que tu me fais ressentir depuis cinq jours est pire que tout ce que tu m’as fait ressentir avant, et pourtant je me suis déjà sentie mal à cause de toi, c’est même toi qui m’a appris à quel point on pouvait se sentir mal. (Bien aussi d’ailleurs)

Objet : Nouveau départ

Depuis le départ de Leo à Boston, Emmi tente de le joindre sans succès. 10 secondes précisément après chacun des mails qu’elle lui adresse, elle reçoit une réponse automatique :

Dix secondes plus tard
RÉP :
ATTENTION. ADRESSE MAIL MODIFIÉE. LE DESTINATAIRE NE PEUT PLUS REGARDER CETTE BOÎTE. LES NOUVEAUX MESSAGES SERONT AUTOMATIQUEMENT EFFACÉS. LE MANAGER DU SYSTÈME EST À VOTRE DISPOSITION POUR PLUS D’INFORMATIONS.

Désespérée (mais espérant encore malgré tout), elle commence à dialoguer avec ce « manager du système », qui – sans surprise – lui répond toujours la même chose (ATTENTION. ADRESSE MAIL MODIFIÉE. LE DESTINATAIRE NE PEUT PLUS REGARDER CETTE BOÎTE…). Jusqu’au jour où Leo refait surface…

Tu vis ta vie. Je vis ma vie. Et nous vivons le reste ensemble.

Et justement, cette Emmi, la première vision que j’ai d’elle, c’est une fille piquante, changeante, rabat-joie. Une emmerdeuse (j’avais envie de lui mettre des claques, mais va gifler un livre toi). Et puis, mail après mail, on apprend à la connaître et ce qui ressort le plus chez elle, finalement, c’est son esprit vif et pointu, plein d’humour. Une fille qui « ironise avec assurance sur son manque d’assurance ». Quant à Leo, je vous laisse le découvrir vous-même… :-)

De quoi devrons-nous parler ? –  Cela m’est égal. Racontons-nous des souvenirs d’enfance. Je ne ferai pas attention à la forme et au sens de tes mots, seulement à la façon dont tu les prononces.

Ce que j’ai aimé…

  • Le ton humoristique et sarcastique de Leo et Emmi. Les « objets » des mails, en plus d’être hilarants, sont un modèle pour nous tous ! Un sens de la répartie à toute épreuve.
  • Et puis on se sent proche des personnages : On est dans le top des phrases qu’on a pu envoyer à ses ex ou recevoir de leur part : excuses bidons, reproches tardifs, les mails partis trop vite, les je t’aime moi non plus, entre autres messages alcoolisés et excuses du lendemain… Des gens comme vous et moi.  Derrière leur écran d’ordinateur. On les imagine hésitants, amoureux, passionnés, les yeux humides en écrivant que oui, tout va bien. Des gens comme vous et moi.

Ce que je n’ai pas aimé…

  • Le début manque un peu d’intérêt* (ah ! On me dit dans l’oreillette que ce livre est la suite de « Quand souffle le vent du Nord« . Manque de bol, je l’ignorais (ce n’était pas non plus indiqué sur la quatrième de couverture), ce qui explique peut-être mon manque d’enthousiasme dans les premiers chapitres ! Donc, si vous avez l’occasion/l’envie de commencer par le début, faites-le ! Pour autant, même en n’ayant pas lu le premier, j’ai tout compris.)

* D’ailleurs, message d’alerte. J’ai failli abandonner ma lecture dans les premiers chapitres. Et puis après le chapitre 3, ça décolle. Donc, n’abandonnez pas avant d’avoir passé ce cap, vous ne le regretterez pas.

  • On se perd parfois quand il s’agit de savoir qui est l’expéditeur du message… Pas toujours très clair.
  • Et on se perd aussi un peu dans le temps. Il n’y a pas les dates et heure d’envoi des mails, seulement des « Trois minutes plus tard » / « Onze heures plus tard ». Mais quand l’un ou l’autre ne répond pas pendant plusieurs jours, on est vite perdus… Je me suis retrouvée à essayer de calculer depuis combien de temps il attendait ou depuis quand il s’écrivent… en vain. Dommage.

Amour 2.0

Pour conclure. Un livre sur les relations modernes, on pourrait presque dire : sur le sens du bonheur, de l’amour et de la vie (mais en beaucoup plus léger). Ca se lit très bien, le format court qu’offrent les mails aidant à découper sa lecture (dans le métro, le soir avant de coucher, ou quand on a juste 5 minutes). Ca devient vite addictif au final, comme quand on a envoyé un sms et qu’on regarde, toutes les 30 secondes, si on a eu une réponse, la réponse. Alors, installez-vous bien confortablement, ouvrez le livre et attendez que les mails arrivent… :-)

Il essaie de sauver ce qu’il reste à sauver. J’essaie de savoir s’il reste quelque chose à sauver. Nous avons beaucoup parlé ces derniers mois, quelques années trop tard malheureusement. Pour la première fois, nous avons regardé derrière la façade de notre relation : tout est moisi et délabré. Nous n’y avons jamais nettoyé, jamais aéré, tout est en ruine, les dégâts sont immenses. Une réparation est-elle possible ?

Et vous, seriez-vous prêts à tout changer dans votre vie, pour « l’illusion d’un bonheur éternel, un vertige hors du monde, une utopie amoureuse faite de mots » ? Vous laisserez-vous emporter par la septième vague ?

Je me demande sans cesse si cette femme est heureuse.

septieme_vague-livre-poche-daniel-glattauer-avis-formally-informalLa septième vague, Daniel Glattauer

Prix : 6e27 sur Amazon
Broché: 288 pages
Editeur : Le livre de poche (28 mars 2012)
Collection : Littérature et documents

Plus de bonheur : En commençant par le premier tome : « Quand souffle le vent du Nord« . Je trouvais ça un peu étrange de le lire après avoir lu la fin de l’histoire, alors j’attends vos retours ! :-)

 

 

 

 

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1 Comment

  • Reply Défi #52livres : Bilan et nouveau départ – Formally Informal by Julie Duval 5 février 2017 at 16 h 08 min

    […] de mes livres préférés ! Sans le savoir, j’avais lu (et chroniqué) le tome 2 avant le premier (celui-ci), et j’ai adoré replonger dans cette histoire (même dans ce […]

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