Art, musique & littérature

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi

30 avril 2012

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi… Une phrase sur laquelle on peut se pencher pendant des heures. Des mots qui invitent à la rêverie en se façonnant un arbre des possibles. Et puis, un livre.

Attention O.V.N.I

Ce livre m’a pris par la main et ne m’a plus lâché une seconde, du début à la fin. Une histoire dans laquelle on rentre et dont on ne ressort plus avant d’avoir lu le dernier mot. C’est simple, je l’emportais partout avec moi pour m’y plonger aussi souvent que possible, que ce soit 5 minutes dans le métro ou 1 heure avant de m’endormir…

C’est avant tout le titre qui m’a plu. Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi. Tout ce que cela veut dire, peut dire, mais aussi tout ce qu’il (on ?) ne dira jamais. En lisant la quatrième de couverture, j’ai trouvé l’histoire tout à fait étrange et inattendue. En découvrant la biographie de l’auteur, j’ai été touchée.

Albert Espinosa, notre auteur espagnol, passe l’essentiel de sa jeunesse à l’hôpital. Atteint d’un cancer, dès 13 ans, il perd une jambe, un poumon et une partie du foie. Et puis, l’écriture. Il connait d’abord le succès en tant que scénariste et acteur, et signe ici son premier roman, un best-seller en Espagne… Un livre plein d’émotions, de courage, de douleur aussi.

Ici et ailleurs

« Une fable sur la perte, la douleur et l’amour, empreinte d’une tendresse mélancolique. Jusqu’où serions-nous prêts à aller pour retrouver un être qui nous été cher ? »

Une histoire qui commence par la perte d’un être cher, sans qui rien ne peut plus être comme avant. Une histoire qui se déroule dans un temps où les gens peuvent, en s’injectant un produit, décider de ne plus dormir (et de renoncer à leurs rêves…), où on suit un homme qui possède le don de voir les souvenirs des gens rien qu’en les regardant dans les yeux, et où on rencontre cet homme différent, cet extraterrestre qu’ils appellent « l’étranger ».

Ma mère m’avait dit un jour : « être différent, ça dépend juste de combien vous êtes dans ton camp. »

Albert Espinosa signe ici une histoire onirique, d’une totale originalité. Une histoire qu’on classerait, sur lecture du résumé, dans la case « Fantastique » ou « Science fiction », mais ce serait une erreur ! A vrai dire, je ne trouve pas de case appropriée. Ah cette envie de tout étiqueter… Disons-le, ce livre est tout simplement inclassable !

Mettre un point final, disait-elle, ça facilite la vie. Les points de suspension, en revanche, ça rend intelligent.

Et puis, la lecture de ce livre m’a donné le sentiment étrange d’avoir non pas lu un livre mais vu une série : une histoire, dont on veut connaître la suite, découpée en plusieurs épisodes qui nous laissent en suspens…

On se sait jamais ce que l’on va trouver derrière une porte. C’est peut-être ça la vie : pousser des portes.

Bref, c’est bien mené et les derniers chapitres se lisent d’une traite tant on est embarqué dans l’histoire… Je l’ai reçu jeudi après-midi, j’ai lu la dernière page dimanche soir : je vous le conseille, ça se lit tout seul, un vrai bonheur !

Le temps, dans les rêves, est un mystère, il est tellement relatif… Mais je crois que ces décalages ont du bon. Parfois, on découvre un faux raccord et on continue à dormir, tout simplement parce qu’on n’a aucune envie de se réveiller. Ce qui prouve bien que des tas de gens préfèrent dormir au lieu de vivre, même s’ils savent pertinemment que la réalité dont ils sont en train de faire l’expérience est fausse.

Et si tout ça n’était qu’un rêve… ?

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi, Albert Espinosa

Prix : 14e25 sur Amazon
Broché: 256 pages
Editeur : Grasset (11 avril 2012)
Collection : Littérature Etrangère

Merci aux éditions Grasset de m’avoir envoyé ce merveilleux ouvrage qui ne m’a pas quitter pendant plusieurs jours !

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4 Comments

  • Reply Marine 6 juin 2012 at 23 h 15 min

    C’est grâce à toi, grâce à ton blog que mon compte bancaire est entretenu.
    Je fais également vivre le site Amazon.

    Merci de m’avoir fait découvrir ce livre génial. Tout comme toi, ce livre ne m’a pas quitté pendant plusieurs jours !

    • Reply formallyinformal 22 juillet 2013 at 18 h 30 min

      Une délicieuse parenthèse en effet… Merci pour ton commentaire !
      A bientôt !

  • Reply Alice 21 juin 2012 at 21 h 45 min

    Livre très intéressant, merci pour la découverte. Fin peut être un peu rapide, mais livre qui se lit vraiment très rapidement.
    Maintenant, place à la frustration. Seul roman de l’auteur pour l’instant…
    Peut être d’autres auteurs à conseiller? Un nouvel auteur espagnol serait le bienvenu si jamais… La description de Madrid étant très succinte!!
    Merci encore pour ce blog, vraiment très bien fait.

    • Reply formallyinformal 22 juillet 2013 at 18 h 43 min

      Bonjour Alice,

      Je suis désolée, je viens de me rendre compte que ton commentaire était resté sans réponse… Toutes mes excuses ! (mode auto-flagellation activé)

      Je suis d’accord avec toi sur le dénouement (très) rapide et sans plus de détails pour la suite. En même temps, c’est aussi ce qui participe à l’effet de surprise :-)
      Je ne sais pas si tu as vu mais Albert Espinosa a récemment publié un autre roman : Le monde du soleil. Je ne l’ai pas encore ouvert mais il est dans ma liste de lecture de l’été !

      En attendant, je te conseille « Des amours dérisoires » de Virginie Carton dont je parle ici sur le blog (http://formally-informal.com/2012/10/08/des-amours-derisoires-virginie-carton-livre-grasset/) et, plus récemment, je suis en train de lire les dernières pages du Roman de Zelda (la légendaire épouse de F Scott Fitzgerald) par Therese Anne Fowler… que j’ai dévoré ! La société des années 20 dans ses dérives et ses grandeurs à travers ce couple mythique qui en sera malheureusement victime. Un billet avec plus de détails prévu pour la semaine prochaine :-)

      Voilà, j’espère que je me serai un peu rattrapée, en espérant te relire bientôt par ici !
      Bonne journée,

      Julie

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