Art, musique & littérature

L’amour dans la vie des gens

21 avril 2012

Un livre. Une envie. Parlez-moi d’amour…

Toi plus moi (moins toi)

J’écris : « Mon amour, vous m’avez fait passer une année merveilleuse. Quand je vous ai rencontré, j’étais quelqu’un qui se protégeait. Bien malin qui aurait pu m’approcher, sauf quand vraiment j’avais à me prouver que j’étais une femme. Vous, vous m’avez bouleversée. Pour moi, toute cette histoire est de l’amour d’un bout à l’autre. Vos beaux yeux quand nous avons dansé ensemble. L’intrépidité que vous tenez enfouie en vous. Votre affolement au moindre contact. Votre tendresse dont je vois bien qu’elle est assoiffée. Votre solitude. A cause de tout ça, j’ai eu la foi du charbonnier. Je chérissais vos peurs parce que ça venait de vous, c’était plus profondément vous que tous les comportements de surface. Et là, je ne peux plus. Je réalise qu’il y a sûrement de belles choses dans votre vie pour que vous ayez des scrupules à la déstabiliser. Et qu’est-ce que j’en sais, moi, de l’amour dans la vie des gens ? De ce qu’aimer représente pour vous, et aussi comme danger. Mais vous êtes trop loin. Je me sens décalée. Si vous êtes là, il faut me le dire. Maintenant. » Ça l’émeut, il m’invite à diner. Mais le soir, il a eu le temps de redevenir quelqu’un qui ne peut pas se permettre de recevoir une telle lettre, et à peine assis il me dit : « Il faut qu’on dîne vite parce que, après, moi, j’ai autre chose. »

Admettre que, certaines personnes, l’amour qu’on leur porte les émeut. Mais que c’est peut-être leur maximum.

Les premières lignes du livre de Sophie Fontanel. Je les lis et j’ai l’impression qu’elles parlent de moi, qu’elles parlent de lui, que j’aurai pu les écrire. Je suis touchée.

1 + 1 + 1 + …

L’amour dans la vie des gens, ce sont des histoires qui se recoupent mais des histoires distinctes, des histoires vraies à côté d’histoires rêvées, des histoires d’amour surtout (ou de non amour, je ne sais plus très bien). L’amour entier, sincère, porté par l’auteure, face aux situations amoureuses, absurdes, dont se contentent les gens dans leurs propres histoires…

Je vis ce livre et je suis partagée entre espoir et désillusion, entre idéal et réalité.

Mon Dieu, comment sortir du cynisme qu’ils appellent leur lucidité ?

Relations

Vraie surprise sur la mise en page, la rédaction du livre. Je vois ce livre comme une liste. Des anecdotes, des pensées, des discours, rassemblés comme un patchwork. Pas de longs paragraphes. Des espaces entre chaque idée. Pas de chapitre non plus.

Je suis une artiste.

Matisse, à trente-six ans, termine sa période d’apprentissage. Je n’ai pas tant de retard que ça.

Parfois, toutes ces phrases m’étourdissent, et j’ai envie de crier « STOP !! Laisse moi respirer ! » Parfois, je suis prise d’une frénésie sans me rendre compte que je viens d’en lire 10 pages.

Lequel de ces petits cons m’a soutenu l’autre jour que l’amour c’était la dernière jungle de l’homme industriel où, donc, tous les coups étaient permis ?

C’est pourtant rare que j’oublie un con. Autrefois j’en tombais amoureuse.

Entre intimité, spiritualité et sexualité, on passe de phrases tendres, poétiques, à un « mais je t’emmerde ! » Des mots qui viennent du cœur, comme on les pense, comme on les vit. Finalement, ce livre pourrait être une conversation, ou plutôt des conversations. Des bribes qu’on attrape au vol, dont on ignore tout mais qu’on interprète avec nos clés.

Cet homme que j’aimais du plus profond de mon coeur, au point d’écrire, tout de même, « Mon amour, vous m’avez fait passer une année merveilleuse… », et qui n’en croyait pas un mot.

En même temps, ça avait été une année atroce, cette année sans recevoir.

Il ne voulait pas que je l’aime : « Ce qu’il y a entre nous, c’est une certaine sensualité. » […]

Parce que, si vous les aimez, ils vont être tentés de progresser. Et ça, ça les emmerde.

Des histoires conduites, tout en douceur, par un fil rouge, l’histoire de l’auteure. Sa vision de l’amour et la réaction des gens qui l’entourent. Ça se lit (vit) tout seul, pas forcément d’une traite, c’est plein d’humour, bien que parfois très noir, et vraiment insolite. J’avais envie d’avaler ce livre, et en même d’en garder pour tenir le plus longtemps possible… Un vrai coup de coeur.

Ma gardienne, le courrier à la main : « Si on n’aimait que les gens qui nous aiment, qui commencerait ? »

J’ai savouré les dernières lignes. Le lendemain, une seule envie, me replonger immédiatement dans Lettera amorosa de René Char. Enfin ça, c’est une autre histoire…

Va parler de magie dans la maison du terre à terre.

 

sophie-fontanel_l-amour-dans-la-vie-des-gensL’amour dans la vie des gens, Sophie Fontanel
Prix : 3e99
Broché: 125 pages
Editeur : J’ai lu (4 février 2005)
Collection : J’ai lu Roman

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4 Comments

  • Reply MC 21 avril 2012 at 19 h 18 min

    Juste avec ces 1ers mots je reconnais également mon année passée, notre année passée.
    Une année qui est en passe d’en devenir une seconde…..

  • Reply Formally Informal is BACK ! « Formally Informal 31 août 2012 at 10 h 46 min

    […] * LIVRES * L’amour dans la vie des gens […]

  • Reply Comment j’ai passé et foiré les auditions d’entrée aux conservatoires de la ville de Paris en Art Dramatique, en quelques réflexions et autres gifs « Formally Informal 7 novembre 2012 at 12 h 23 min

    […] dans ce livre que j’aime particulièrement, L’amour dans le vie des gens (dont je parle ici), accompagné d’une chorégraphie néo-classique sur une musique rock des Stuck in the sound, […]

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