Art, musique & littérature, Spotlight

Une ombre chacun, de Carole LLewellyn, ou comment des évènements de la vie peuvent nous changer… et nous perdre.

21 avril 2017

Je viens de terminer le premier roman de Carole Llewellyn, et j’ai beaucoup de choses à dire sur ce livre que j’ai aimé lire jusqu’au bout, notamment grâce à sa construction sur deux tableaux !

belfond-une-ombre-chacun-carole-llewellyn-avis-blog-litteraireRésumé :

« Il n’y avait dans ma mort aucune injustice. Je l’avais vue arriver jusqu’à moi avec une froide évidence. »

Rescapée d’un enlèvement quand elle était enfant, Clara, 30 ans, mène désormais à Paris une vie confortable avec son mari, Charles. Pourtant, lorsqu’il lui demande un enfant, elle décide de partir sans laisser de trace.
Homme d’affaires occupé, Charles loue les services de Seven Smith, un ancien Marine, afin de retrouver son épouse. Pour le soldat américain, que la fin de la guerre a laissé sans but, la quête de cette femme disparue est une occasion inespérée d’exister à nouveau.
À travers l’Europe, Clara et Seven vont partir à la recherche de vérités sur eux-mêmes qui altéreront pour toujours le sens de leurs vies.

Ah ce résumé ! Je trouve qu’il en dévoile un peu trop, car tout ça se met en place dans les premiers chapitres du livre, après une belle entrée en matière avec un superbe prologue… que j’ai dû relire après quelques pages pour bien comprendre ce qui était en jeu. Et c’est bien ça qui m’a plu (vous comprendrez) ! Tout n’est qu’une question de point de vue. La mort n’a-t-elle pas plusieurs visages ?

Identifiez les jours sans. Ce sont ces jours-là où une erreur machinale vous coûtera la vie.

À chaque chapitre, on alterne entre la vie de Clara et celle de Seven. Une construction qui m’a beaucoup plu ! Une construction que j’ai retrouvé quelques fois lors de mes dernières lectures et, comme à chaque fois, je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, je m’attache davantage à l’un des deux récits. Même si les deux, ensemble, nous font avancer dans l’histoire, je suis toujours tentée d’en sauter un sur deux (ce que je ne fais jamais au final), ou de le lire plus vite pour arriver à la suite de l’intrigue laissée en suspens à la fin du chapitre précédent (ce qui m’arrive parfois).

Nous sommes tous voués à oublier ce qui ne dure pas.

Avec Une ombre chacun, ça n’a pas loupé ! J’ai beaucoup aimé suivre Clara… et beaucoup moins Seven. Sûrement parce que je n’ai eu aucun feeling pour ce personnage, franchement détestable, et dont le monde tourne autour de souvenirs de guerre (très bien documenté au passage !), de propos racistes et machistes. Un gars qui a clairement été changé par son chemin de vie, comme Clara, comme nous tous. Il a vu, vécu et participé à l’horreur. Comment la vie, le monde pourraient-ils rester les mêmes après ça ?

Il fallait toujours connaître la sortie la plus proche.

Une grande partie de Seven est manifestement restée dans les collines d’Afghanistan, tout comme Clara s’est perdue le jour où elle a été emmenée dans cette camionnette. Le terrorisme est en filigrane tout au long du livre, ce qui m’a un peu gêné parce que je n’avais pas envie de me plonger dans ce sujet, bien qu’il ait été écrit après les attentats de Paris et corresponde tout à fait à l’état d’esprit qui y régnait. Avec le point de vue des européens, et des américains sur cette France post-attentat.

Il réalisa que même en Grèce, ils connaissaient Game of Thrones. Il se demanda si au milieu des assassinats de Daesh les Iraquiens téléchargeaient illégalement les épisodes le lundi matin au réveil, attendant avec ferveur et anxiété de savoir quel personnage majeur serait assassiné, dépecé, pendu. Peut-être la proximité de la même violence rendait à leurs yeux la série indécente. Qui s’amusait de ce déchaînement blotti dans un canapé confortable quand il suffisait d’un vol pour Damas pour en voir le visage véritable ?

Et puis, les hommes sont, disons-le clairement, des connards dans tout le livre. De l’américain obsédé au mari infidèle, en passant par le gynéco dégueulasse, ils flirtent, matent, « bandent », « se branlent », prennent et jètent, ils imposent leurs idées limitées et leurs décisions aux femmes… sans trop de réaction en face. Tout le livre j’ai eu envie que les femmes se rebellent.

Il parlait d’elle avec distance, comme d’une possession qu’il aurait ajoutée à son impressionnant portfolio, son appartement rue de Babylone, sa maison familiale à Portofino, son bateau amarré au port de Perros-Guirec.

Un livre qui interroge aussi malgré tout sur les convenances, le qu’en dira-t-on, et ces familles huppées, soit disant civilisées et distinguées, véritables clichés ambulants, enviés, mais à la vie creuse, au coeur sec et aux propos d’une violence inhumaine.

[…] une maladie imaginaire, avait dit son beau-père, une maladie de riches, avait-il dit. Clara avait fait une dépression. Juvénile, en plus, comme si c’était un terme scientifique. À cause d’une caravane pourrie. « C’était une camionnette. » C’est pareil. Sa dépression juvénile, c’était une crise d’ado, et basta. Le jour où ma fille fait une dépression juvénile, avait-il dit, je lui mets une bonne paire de claques et on verra bien si elle a encore envie d’être dépressive.

Et puis, petite parenthèse coup de coeur pour le chapitre 13 que j’ai adoré, tant sur le fond que sur la forme. Un chapitre que j’aurai appris par coeur et joué sur scène si je faisais encore mes études de théâtre ! (Je vous laisse le découvrir)

La police française était nulle à chier.
Son père n’était pas Liam Neeson.
Personne ne la retrouverait.

J’ai aimé l’écriture, le style, la construction du récit. Les nombreuses références à Game of Thrones, Virginia Woolf et l’omniprésence d’Instagram aussi m’ont bien plues. Un livre qui mérite le détour et une auteure que je suivrais avec certitude, et ça tombe bien, j’ai vu sur son compte Instagram qu’elle était déjà en écriture de son deuxième roman ! À suivre…

Éditions Belfond, 304 pages | 17 euros

Merci à Carole Llewellyn et aux Éditions Belfond pour cette lecture !

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Confidences, Sport, beauté & bien-être, Spotlight

Eh, ça te dit qu’on fasse du yoga ensemble ?

19 avril 2017

Parce que oui, après plusieurs formations et un an de cours privés dans les jambes, les bras et le coeur, je vais proposer des cours de yoga à Paris dès la rentrée !

Du yoga, oui mais quel style ?

Parce que, pour être honnête, au début, pas facile de s’y retrouver entre le Hatha, le Vinyasa, l’Ashtanga, le Kundalini yoga et j’en passe (si vous avez déjà cherché un cours de yoga, vous voyez de quoi je parle ^^)… et pour cause, il y a presque autant de styles de yoga différents que de personnes différentes !

J’ai moi-même pas mal testé et tâtonné avant de trouver des cours, styles & professeurs où je me sentais vraiment bien. Et chaque cours pris avec un professeur différent… était lui aussi unique à sa manière ! Parce que le professeur met de lui dans son enseignement et aborde les choses à sa manière (vous vous souvenez sûrement de ces profs à l’école qui vous ont fait adoré ou détesté les maths), deux cours de Hatha Yoga ne se ressembleront pas par exemple.

Alors, si vous avez eu une mauvaise expérience du yoga, ne vous dites pas que ce n’est pas pour vous. Ce n’était simplement peut-être pas ce professeur ou ce style qu’il vous fallait :-)

Premiers pas d’un voyage initiatique

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La vie est un voyage (ça fait phrase à deux balles comme ça, mais c’est vraiment ce que je ressens !) et plutôt sur des petits chemins de campagne que sur une autoroute en ce qui me concerne. J’avance de découvertes en rencontres, qui m’ouvrent sur des chemins insoupçonnés et inattendus… qui construisent celle que je suis aujourd’hui. Pas la même qu’hier ni celle que je serai demain.

Le yoga a presque tout de suite été une révélation. Je dis presque parce que j’ai suivi mon premier cours en 2008, en même temps que mes études et mon travail. Mais ce n’est qu’en 2014 que j’y suis revenue… frappée cette fois de passion. Je comprenais le pourquoi, je voyais le comment, j’en ressentais les bienfaits, j’étais présente, j’étais là, j’étais bien. Lire la suite…

Art, musique & littérature, Spotlight

Thornytorinx de Camille de Peretti : un livre qui se dévore

5 avril 2017

Et je ne dis pas ça uniquement parce qu’il traite des troubles alimentaires. Je l’ai lu en une journée, il est très fin (tiens), les chapitres aussi (tiens bis). C’est le troisième livre de Camille de Peretti que je lis (je vous recommande d’ailleurs vivement Blonde à forte poitrine (lien vers ma chronique), un énorme coup de coeur découvert aux éditions Kero et maintenant disponible chez Pocket)… et j’ai beaucoup aimé !

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Résumé :

Depuis toujours, Camille est une princesse. Elle doit donc avoir de jolies robes (traduisez : faire du shopping), être intelligente (comprenez : intégrer une grande école de commerce) et être toujours la plus belle (en d’autres termes : être mince). À 20 ans, c’est une élève brillante, élégante, et une véritable brindille de 50 kilos pour 1 m 70.
Mais lorsque ses études l’éloignent de ses rêves, que son cœur s’enflamme pour un beau ténébreux et que son poids commence à fluctuer, rien ne va plus. Son recours ? Se faire vomir jusqu’à l’obsession : Camille est devenue une boulimique anorexique. Seulement, les princesses ne sont pas malades, et pour l’ex-petite fille modèle va alors commencer un long et tortueux combat…

Et je ne l’ai pas lâché. Déjà par sa forme, les chapitres s’enchainent, le style est fluide, percutant, l’intrigue se met en place et nous emporte, nous aspire nous aussi dans cette spirale infernale qui absorbe littéralement Camille. La boulimie-anorexie. Son mécanisme, ses contradictions, la difficulté de la vie avec et l’impossibilité de vivre sans pourtant. Cette oscillation entre maîtrise extrême et perte totale de contrôle. La force et la fragilité. La rupture entre le corps et l’esprit. Le « terreau » est là depuis longtemps mais le système, lui, est nouveau. Et il s’installe, doucement, devant nos yeux ébahis.

Aussi loin qu’il m’en souvienne, c’est comme ça que j’ai appris à vomir, en toute innocence.

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Vivre autrement : des livres pour changer le monde #1

31 mars 2017

Photo de Βethan sur Flickr

Aaaah cet article, cette série d’articles ! Ça fait un moment que j’ai envie de l’écrire. « Vivre autrement : des livres pour changer le monde », le genre de lectures marquantes qui ont le pouvoir de changer considérablement notre façon d’être, de consommer, de vivre. Des livres qui m’ont permis de me construire, comprendre, apprendre, grandir, changer. M’engager sur un chemin, devenir qui je veux être. Des ouvrages au coeur desquels j’ai trouvé une vraie force, capable d’impacter mon quotidien. Des livres qui, je l’espère, vous inspireront à leur tour.

La littérature ne peut peut-être pas changer le monde mais peut-être peut-elle changer ceux qui la lisent. Leila Slimani

Et j’en suis convaincue !

se-changer-changer-le-monde-avis-livre-blog-litteraire-pierre-rahbi-christophe-andre-jon-kabat-zinn-matthieu-ricardSe changer, changer le monde, de Christophe André, Jon Kabat-Zinn, Pierre Rabhi, Matthieu Ricard

Pour introduire cette série d’article, quoi de mieux qu’un titre qui nous met tout de suite dans l’ambiance… Le nom des auteurs vous dira aussi sûrement quelque chose ! Un ouvrage collaboratif vous l’aurez compris où ces grands noms se sont associés pour livrer un message d’espoir, chacun à leur manière.

Vous vous êtes sans doute, tout comme nous, déjà sentis indignés, émus ou révoltés par l’injustice du monde. Sans doute avez-vous souhaité y remédier… Mais dans ces moments-là, on se sent tout petits. Qui sommes-nous pour changer le monde ? Nous qui n’arrivons pas toujours à faire face aux épreuves de notre propre vie, que pourrions-nous donc faire à l’échelle de l’humanité ?

Et bien justement, en plus d’apporter des informations précises sur la situation mondiale actuelle (bonjour je m’appelle réalité, ravie de te rencontrer), ce livre offre surtout des pistes de réflexion et des moyens d’actions concrets pour que chacun puisse agir à son niveau. Parce qu’il n’y a pas de petit geste. Parce qu’un geste est geste. De l’individuel au collectif. Lire la suite…

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#52Livres Un petit déjeuner littéraire nommé bonheur

22 mars 2017

Bizarrement, je prête moins attention au métro bondé, les yeux dans le vague, un sourire sur les lèvres. Oui, voici un jeudi matin comme je les aime. Du thé, des auteurs et des livres. De la découverte, des rencontres, du partage. De la joie. En route pour un petit-déjeuner littéraire avec les Éditions Stock, une valeur sûre où je sais que j’aurai de beaux récits à me mettre sous la dent… et à partager avec vous :-)

claire-gallois-et-si-tu-n-existais-pas-editions-stock-avisEt si tu n’existais pas, de Claire Gallois

Résumé :

Ce livre, c’est un peu comme un secret que je vais dire à tout le monde. L’histoire d’un engagement que j’ai pris enfant et que je n’ai jamais oublié.
Nous sommes dans les années quarante. J’ai six ans et je n’ai jamais vu ma mère. Un dimanche de juillet, elle arrive dans une belle Citroën noire et m’emporte en dix minutes. Ma nourrice court dans la poussière blanche soulevée par la voiture et jette son tablier noir sur sa tête. Je grimpe contre la lunette arrière et je lui dis en moi-même : Je te retrouverai, je te le jure. »

« Ce livre je le portais en moi depuis toujours mais je crois que je n’avais pas assez de force pour aller au bout. » Claire Gallois raconte son enfance loin de ses parents, loin de leur hôtel particulier parisien, mais près de sa nourrice, de sa Yaya. Là où le coeur est chaud, les choses sont simples, justes, tendres. De ses 2 mois à ses 6 ans, Claire connaît la paix, la conciliation, le « bonheur total, plus grand que tout« . Dans la Creuse, avec Yaya, elle va apprendre l’importance des valeurs, le respect d’autrui, le bonheur d’exister, de ne jamais baisser les bras, « des choses simples« .

Et puis tout bascule un dimanche de juillet. Je l’écoute raconter son histoire et j’ai la gorge serrée, le ventre noué, une seule envie : lire son livre, y rencontrer Yaya. Lire la suite…