Art, musique & littérature, Spotlight

Une plongée dans les années 60 avec Ma reine, de Jean-Baptiste Andrea

19 février 2018

Cela faisait un moment que ce livre trônait sur ma PAL sans que je parvienne à l’en sortir (comme tout bon livre de PAL, vous êtes d’accord ?). J’étais assez engluée dans quelques lectures ces derniers temps, 5 livres commencés, les uns après les autres, et que j’ai du mal à terminer, essoufflée, mais au bout desquels je veux aller malgré tout. Je n’osais pas en commencer (encore) un autre… mais j’ai fini par craquer, et j’ai bien fait !

Ma-reine-andrea-avis-blog-FeminaRésumé :

Vallée de l’Asse. Provence. Été 1965. Il vit dans une station-service avec ses vieux parents. Les voitures qui passent sont rares. Shell ne va plus à l’école. Il est différent.

Un jour, il décide de partir. Pour aller à la guerre et prouver qu’il est un homme. Mais sur le plateau qui surplombe la vallée, nulle guerre ne sévit. Seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai. Il lui obéit comme on se jette du haut d’une falaise. Par amour. Par jeu. Et désir d’absolu.

Ma reine est une ode à la liberté, à l’imaginaire, à la différence. Jean-Baptiste Andrea y campe des personnages cabossés, ou plutôt des êtres en parfaite
harmonie avec un monde où les valeurs sont inversées, et signe un conte initiatique tendre et fulgurant.

Premier chapitre : le narrateur tombe, et on plonge avec lui. On plonge dans la vieille France et son ambiance si particulière.

Je tombais, je tombais et j’avais oublié pourquoi. C’était comme si j’étais toujours tombé. Des étoiles passaient au-dessus de ma tête, sous mes pieds, autour de moi, je moulinais pour m’y raccrocher mais je n’attrapais que du vide. Je tourbillonnais dans un grand souffle d’air mouillé.

Jean-Baptiste Andrea nous raconte l’enfance dans les années 60, à travers l’innocence et la naïveté de Shell, s’appuyant, avec génie, sur la langue pour planter, à merveille, le décor. Ce vocabulaire suranné m’a transporté dans un univers fort, m’a rappelé beaucoup de souvenirs.

Foudre de guerre. Génie. Lumière. C’était tout ce que je n’étais pas, on n’arrêtais pas de me le répéter. Maintenant il faut que je le dise, je suis bizarre. Moi je ne trouve pas, mais les autres oui.

Dans ce roman, les enfants « se poilent », « chapardent des bonbons » et « font les marioles ». On partage leur vision du monde, leurs rêveries, leur imagination.

Ce soir-là ils ont appelé ma soeur. J’ai tout entendu à travers la porte. Ils croyaient parler à voix basse mais comme ils étaient tous les deux un peu sourds, à voix basse c’était presque à voix haute. Ils ont utilisé le gros téléphone en bakélite de la maison, la seule chose qu’on me laissait nettoyer parce que je ne pouvais pas le casser et qu’il n’y avait pas besoin d’eau. Je le frottais plusieurs fois par jour, il brillait comme du goudron frais, ça faisait du bien juste de le regarder. Et parce que je l’adorais, ce téléphone, j’ai eu l’impression qu’ils m’avaient trahi deux fois.

Objets d’un temps passé, modes de vie différents, expressions désuètes. Tout est là, le voyage a commencé. Car c’est bien d’un voyage initiatique dont il est question pour Shell.

Les gros chiffres de mon réveil ont tourné et indiqué une heure que je ne comprenais pas. J’ai enfilé mon blouson Shell, j’ai allumé et éteins trois fois ma lampe de chevet parce que si je ne le faisais pas avant de me coucher tous les soirs, j’avais peur de mourir dans la nuit.

ma-reine-prix-femina-2017-avis-blog-photo-formally-informalCe roman poétique, original et surprenant m’a rappelé un de mes livres préférés, Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon (j’ai du coup très envie de le relire et je vous le recommande fort fort fort si vous ne l’avez pas lu : magique !), et un film que j’avais aussi beaucoup aimé, Jeux d’enfants avec Marion Cotillard et Guillaume Canet. Beau combo. La couverture, le format et la pagination sont également superbes je trouve, ce qui ne fait qu’augmenter le plaisir de lecture. Et puis, Ma reine a également reçu le Prix Femina des lycéens. Votre prochaine lecture ?

Ma reine, de Jean-Baptiste Andrea, aux éditions l’Iconoclaste, 240 pages | 17 euros

P.S. : Si vous l’avez lu, il faut qu’on parle ! Car, je lis partout que Shell est un « enfant » alors que je n’ai, pour ma part, cessé d’imaginer un « jeune adulte » tout du long… Oui ? Non ? Quelle a été votre lecture ?

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Art, musique & littérature

3 mois en survie, à pied, dans l’ouest sauvage Australien

21 janvier 2018

Sarah Marquis. Plus de 25 ans que cette exploratrice parcourt le monde. À pied. En solitaire.
Respect et admiration. Je vous en parle, en route !

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Instincts

Je découvre cette femme à travers son voyage au coeur de l’ouest (sauvage !) australien. J’alterne les Wooow et les Haaaan, j’écarquille les yeux autant que j’ouvre la bouche d’étonnement, impressionnée, fascinée, estomaquée.

J’ai pressé le bouton « RESET » et deviens ce que nous sommes tous : des filles et des fils de cette Terre.

Dans Instincts, elle raconte sa dernière expédition : 3 mois en survie (comprendre sans nourriture dans son sac à dos) au coeur de l’Australie sauvage (pas de route, elle est déposée en hélicoptère !), c’est à dire : juste la nature et ses habitants. Les crocodiles, taureaux sauvages, serpents, araignées et j’en passe… Elle dort donc dehors, dans une tente en toile, dans l’obscurité complète, avec cette faune et sa flore, pas toujours bienveillante. Tout en avançant sur son tracé de jour, sous le soleil (40°), avec son sac à dos (32kg) en cherchant de la nourriture et de l’eau, dans une zone en période de sécheresse. OKLM.

Il m’a fallu vingt-trois ans d’expérience avant de faire face à un si grand challenge. Et je me rends compte aujourd’hui que chacun des pas que j’ai faits durant ces vingts trois ans de « préparation » m’a été indispensable.

Le danger, la faim, la soif. Ses sens sont en alerte, son instinct prend le dessus, l’animalité resurgit. Et plus j’avance dans son récit, plus je me sens bien, au chaud, sur mon canapé, avec un toit au-dessus de la tête et à manger comme à boire. Lire la suite…

Art, musique & littérature, Family, Spotlight

Grande nouvelle : j’intègre le jury d’un prix littéraire… particulier !

9 janvier 2018

En fin d’année dernière, j’ai envoyé ma candidature pour intégrer le jury d’un prix littéraire… particulier. Un prix littéraire qui me parle beaucoup, surtout depuis que je suis devenue maman… Et devinez quoi ? J’ai été retenue !

#PassionLecture

Je suis très heureuse de vous annoncer que je suis jurée pour le prix littéraire des tout-petits ! Un prix qui récompense les meilleurs livres pour les 0-2 ans et 3-6 ans, le prix Moustic et le prix Loustic ^^

prix-litteraire-des-tout-petits-2018-maman-blogueuse-magicmaman

J’ai donc reçu 8 livres : 4 dans chaque catégorie. Je les ai lus dans la journée et je dois dire que j’ai tout de suite eu mes préférés. Puis la phase de test à commencée… avec ma fille :-) Et surprise : mes coups de coeur ne sont pas les livres qui la captivent le plus !

prix-litteraire-des-tout-petits-2018

Alors, dilemme : dois-je choisir les livres qui la captivent le plus… ou ceux que moi j’ai préférés ? Qu’en pensez-vous ? Il me reste encore quelques jours pour me décider avant de voter…

Je vous présente l’ensemble des livres avec mes impressions dans un prochain billet : à suivre ! :-)

Confidences

Bonnes résolutions 2018 : s’il ne devait y en avoir qu’une…

8 janvier 2018

En ce début d’année, je suis étonnée de découvrir que pour beaucoup, le nouvel an ne représente rien de plus qu’une tradition, une convention sociale, l’arrivée d’un nouveau jour d’une nouvelle semaine. Sans plus. Alors que, pour ma part, à chaque 1er janvier, je me sens pousser des ailes…

Clap de fin

Chaque 1er janvier, je me sens comme quand on termine enfin un livre. Un livre très long qu’on a commencé depuis longtemps mais qu’on continue de lire parce qu’on ne va pas abandonner maintenant, même si l’intrigue ne nous passionne plus autant que quand on l’a commencé.

Chaque 1er janvier, je me sens comme en ce moment où tu tournes la dernière page de ce livre, et que tu refermes la quatrième de couverture. Clap. Ce sentiment jouissif d’être arrivé au bout. Nostalgique parfois. Mais heureuse et fière toujours. « Ça y est, je peux enfin passer à autre chose… choisir une nouvelle lecture ! ».

Recommencer à zéro

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Art, musique & littérature, Se mettre au vert, Spotlight

Le bonheur est-il dans le peu ?

27 novembre 2017

Matraquage publicitaire, SMS promotionnels, récap’ shopping de vos amis sur les réseaux sociaux… À moins d’habiter dans une grotte, il était impossible de passer à côté de « l’évènement » du week-end : le Black Friday. Et de se demander, une fois de plus, si, le bonheur, ça s’achète ?

Et si le bonheur était tout simplement dans le peu ? (et donc un peu dans le pré, aussi. Voilà, ça, c’est dit.)

Société de cons(ommation)

bureau-minimaliste

Aaah les équipes marketing. Ces gens dont le boulot est de nous faire croire qu’on sera plus beau, plus successful et plus heureux si on achète ceci ou cela. Vous avez déjà essayé. Vous l’avez acheté (souvent cher) ce fabuleux produit. Et alors ? Heureux ? Peut-être un peu au début. Mais on se rend compte rapidement que l’effet miracle est rarement au rendez-vous, et le « bonheur » promis aussi vite parti que les euros (durement gagnés) sur votre compte bancaire. Mais ça c’était avant que ne sorte ce nouvel objet ENCORE MIEUX… et c’est reparti. Nous faisant perdre au passage, argent, énergie et temps précieux.

Pensez à toute l’énergie que vous dépensez pour acquérir ne serait-ce qu’un objet : prévoir l’achat, lire les avis, chercher au meilleur prix, gagner (ou emprunter) de quoi le payer, aller l’acheter dans un magasin, le rapporter chez vous, trouver l’endroit où le mettre, apprendre à l’utiliser, le nettoyer (ou nettoyer ce qu’il y a autour), l’entretenir, acheter des pièces supplémentaires, l’assurer, le protéger, essayer de ne pas le casser, le réparer quand on l’a finalement cassé et parfois continuer à le payer même quand on ne s’en sert plus. Maintenant multipliez ça par le nombre d’objets que vous possédez.

Je ne sais pas vous mais moi ça me donne le tournis. « Pas facile d’être minimaliste dans un monde dominé par les médias »… et être zéro déchet, encore moins ! On se retrouve vite entourés d’objets qui nous encombrent plus qu’ils nous sont utiles. C’est vrai, posez-vous la question : tout ce que vous possédez a-t-il une vraie utilité dans votre maison ?

Vous vous dites peut-être que tous les objets sont utiles. Mais avez-vous déjà lu un guide de survie ? En fait, on a besoin de très peu de chose pour rester en vie : un abri, des vêtements pour réguler sa température interne, de l’eau, de la nourriture, quelques récipients, un peu de matériel de cuisine…

« Oui mais » vous vous dites, ce à quoi je réponds oui mais : Lire la suite…

Family, Paris

J’aime lire fête ses 40 ans à Paris

8 novembre 2017

Ah J’aime lire, ce magazine tellement culte. Je me souviens le bonheur de le recevoir à la maison. Je me revois le lire allongée sur la moquette dans ma chambre. Je me rappelle les histoires et les BD. Un univers inoubliable dans lequel je me suis replongée hier à l’occasion de sa petite fête d’anniversaire : 40 ans, déjà !

J’aime lire… passionnément !

40ans-j-aime-lire-orange-opera-pic-by-formally-informal Lire la suite…